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Cap sciences : un centre qui réconcilie culture, recherche et industrie

Le 2 octobre 2010 par Marion Sabourdy

Invité au Forum territorial de la Culture scientifique et technique (CST) à la Cité des sciences et de l’Industire mardi 28 septembre, Bernard Alaux a pris la parole devant un public nombreux et concerné, composé d’une grande partie de ceux qui « font » la Culture scientifique et technique en France (1).

En évoquant les partenariats avec le monde économique et industriel – le thème de son intervention -, le directeur de Cap sciences a souligné qu’il existe beaucoup d’espaces de créativité en région et a rappelé l’intérêt du label « Science et culture – Innovation ». Lors de notre reportage à Cap sciences mi-septembre, nous avons eu l’occasion de voir cette créativité à l’œuvre et de rencontrer des acteurs du monde de la recherche et de l’industrie en Aquitaine. Interviews.

Pierre-Yves Saillant, ingénieur d’études au CNRS chargé de la communication et de la valorisation de l’Université Bordeaux 3

Que fait l’université (2) en termes de CST ?

Nous organisons pour la première fois un événement innovant : les Transverses 2010 en partenariat avec Cap sciences, la région Aquitaine et la Communauté urbaine de Bordeaux. Deux axes sont privilégiés : l’environnement, la nature et la ville d’une part, les hybridations, la mobilité et les identités plurielles d’autre part. Dans ce cadre, nous innovons en mettant la recherche en débat dans des séminaires qui réunissent chercheurs en sciences humaines et en sciences dures de plusieurs universités et… le public qui peut également intervenir.

Quel est le but de cet événement ?

Favoriser l’interdisciplinarité et la croisée des regards. Nous souhaitons montrer que la recherche se fait aussi dans l’université et qu’elle participe aux politiques publiques. Par exemple, la Communauté urbaine de Bordeaux fait appel à des chercheurs de Bordeaux 3 pour ses projets. Cela permet de valoriser les savoirs qui nourrissent le débat démocratique et montrer que les sciences humaines ont un sens et sont nécessaires à notre société.

Que représente Cap sciences pour vous ?

Une fenêtre sur l’extérieur ! Nous avons contractualisé un partenariat avec Cap sciences car il promeut la diffusion de la CST, la médiatisation de la recherche et aide les acteurs de la recherche (3). Ce partenariat nous engage dans une relation institutionnelle officielle avec le CCSTI. Il permet également d’entraîner l’adhésion du CNRS dans l’action de Cap sciences et sa promotion par l’université. Aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

Exceptées les Transverses, qu’avez-vous accompli avec Cap sciences ?

J’ai participé à la toute première exposition de Cap sciences « Trace d’océan », aujourd’hui nommée « Aquitaine sortie des eaux ». En 2000, Cap sciences a soutenu financièrement  l’exposition « Du Nil à Rome » sur les représentations de l’architecture antique autour du programme de recherche « Iconic » mené au sein de l’Institut Ausonius de Bordeaux.

Il s’agissait de décrypter la « grammaire » de l’image antique pour en réinvestir l’analyse dans la production d’images en 3D, maquettes virtuelles d’édifices comme le Circus Maximus à Rome. En ce moment, nous réfléchissons à l’idée d’un kiosque des sciences pour faire connaître  aux étudiants de l’université, les ressources de la recherche française, à Bordeaux et dans la région. Cap Sciences serait un partenaire privilégié d’un projet novateur car aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

Jean-Louis Bergey, responsable de la direction régionale Aquitaine de l’ADEME

Que représente Cap sciences pour l’ADEME ?

Cap sciences est un partenaire mais aussi un outil de communication intelligent. Les propositions d’exposition s’effectuent dans les deux sens et parfois donnent lieu à des collaborations intenses. L’une des grandes forces du CCSTI est de savoir allier des fondements scientifiques et l’approche pédagogique, quelque soit le public d’où notre décision de consulter le CCSTI pour l’exposition Consom’Attitudes.

Parlez-nous de cette exposition…

L’idée à été lancée suite au projet d’obligation d’étiquetage des aliments (nutrition et bilan carbone). Nous pensions réaliser un supermarché dans lequel les gens pouvaient venir et voir directement leur mode de consommation. Nous avions la volonté de montrer l’évolution de la consommation et son éventuel impact sur l’environnement et la santé. D’où la nécessité de définir des grands thèmes pour que les gens comprennent ce qu’est la consommation.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Il aura fallu deux ans de labeur entre l’idée et sa réalisation (bibliographie, tri, organisation des informations, mise en scène), le tout supervisé par deux commissaires. Le Conseil scientifique, organisé par Cap sciences, a entraîné des débats passionnés. C’était la première fois que des personnes d’horizons si variés (sociologues, économistes, scientifiques…) étaient réunies autour d’une table sur ce sujet. Après moult discussions, ils ont défini le message général et l’objectif, modeste : faire de la sensibilisation car les gens ne sont pas prêts à consommer moins et mieux. L’exposition traite d’un sujet difficile car en émergence, à la différence du climat qui est un sujet « porteur ».

Qu’est-ce qui différencie cette exposition ?

C’est la première en France à avoir un fond scientifique si important tout en étant destinée au grand public. L’ADEME et Cap sciences ont eu une approche à la fois scientifique et militante : inciter les consommateurs à changer leur pratique de consommation. Mais un grand travail est effectué pour que le fond scientifique soit extrêmement solide et important. C’est une énorme valeur ajoutée de la part de Cap sciences.

Avez-vous participé au projet Clim’Way ?

Je suis arrivé à ce poste il y a 3 ans pour l’inauguration de Clim’Way. L’exposition tombait justement au moment du développement de la communication de l’Ademe autour du climat. L’idée était très intéressante car c’était la première fois qu’il y avait une création d’un jeu de rôle avec une base scientifique. Pour les prochains mois, nous avons de nombreuses idées, encore dans les tiroirs pour l’instant. Il s’agirait entre autres de rencontres entre des lycéens et des chercheurs avec la participation des différents acteurs du territoire, le tout avec une réflexion politique.

Antoine AUGÉ, délégué de la Fondation GDF Suez Aquitaine

Pouvez-vous dresser un rapide portrait de GDF Suez en Aquitaine ?

Le groupe compte près de 6000 salariés et dégage 1,5 milliards de chiffre d’affaire dont la moitié dans le public. Sa politique de communication est fondée sur l’intégration et l’aide économique au territoire, d’où le soutien aux initiatives locales (sport, sciences…) et aux événements nationaux (Nicolas Vannier, Jean-Louis Etienne).

Que représente Cap sciences pour GDF Suez ?

Nous faisons partie du « Cercle de Cap sciences » créé cette année pour faire entrer Cap sciences dans le tissu économique régional. Il s’agit du collège des entreprises qui soutiennent le CCSTI. J’en profite pour ajouter qu’il est bien que Cap sciences soit dirigé de manière alternée par quelqu’un du monde de la recherche et de l’industrie. Cela donne une synergie entre la culture et l’économie.

Pourquoi soutenir Cap sciences ?

Je vais être franc avec vous : pour l’image. Nous souhaitons nous engager sur des projets au long court et la science a une image positive. Nous ne connaissons pas la part de Cap sciences dans notre notoriété mais nous savons ce que ça nous coûterai si nous ne soutenions pas le CCSTI.

Quels projets avez-vous mené en commun ?

Clim’Way est né peu après la visite des membres du CCSTI à l’exposition Climax à la Cité des sciences que GDF a créé vers 2004. Cela a mené au serious game que vous connaissez. En ce moment, nous avons proposé à Cap sciences de travailler sur l’avenir de la ville et la culture urbaine pour une exposition sur 300 m².

Notes

  1. Membres de CCSTI, musées, muséums, associations, élus locaux, organismes de recherche, universités, entreprises, pôles de compétitivité
  2. L’Université de Bordeaux compte 60 000 étudiants, 3000 enseignants chercheurs et 3000 doctorants soit 10% de l’agglomération bordelaise, selon Hélène Jacquet, chargée de la stratégie et des grands projets, pôle de recherche et d’enseignement supérieur de Bordeaux
  3. L’université est administratrice du CCSTI. Ses actions : diffusion de l’activité de recherche, participation des acteurs aux productions de Cap sciences, ingénierie de la diffusion de la CST dans le cadre des appels nationaux et européens, diffusion au niveau de l’éducation et initiation à la médiation.

>> Article écrit avec Gayané Adourian.

Il s’agissait de décrypter la « grammaire » de l’image antique pour en réinvestir l’analyse dans la production d’images en 3D, maquettes virtuelles d’édifices comme le Circus Maximus à Rome.

En ce moment, nous réfléchissons à l’idée d’un kiosque des sciences pour faire connaître aux étudiants de l’université, les ressources de la recherche française, à Bordeaux et dans la région. Cap Sciences serait un partenaire privilégié d’un projet novateur car aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

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