De San José à Mars 500

Le 28 septembre 2010 par Gayané Adourian

La première des trois nacelles « Phénix » est arrivé le 25 septembre sous les cris de joie des familles qui campent sur place. Cette dans cage cylindrique que les 33 mineurs seront ramenés à la surface après 54 jours de captivité. L’occasion de revenir sur cette incroyable épopée.

Comment est-on arrivé là ?

- 05 août : un éboulement dans la galerie de la mine de San José, près de Copiapo, isole 33 mineurs contraints d’aller se réfugier à près de 700 m sous terre. Il faudra attendre 20h avant que la nouvelle ne se répande… Très vite, les mineurs s’organisent.

- 22 août : une sonde de localisation créé la première rencontre avec les mineurs. Ceux-ci en profitent pour envoyer LE message qui soulagera tout le monde : « On est vivant, les 33 sont dans le refuge ». S’en suivent les premières rations d’eau sucrée.

- 30 août : après 25 jours d’attente et d’angoisse, un excavateur arrive enfin d’Australie ; les travaux de forage peuvent commencer. Lorsque les premières images des mineurs arrivent à la surface à l’aide de fibre optique, c’est le soulagement qui domine.

Une expérience hors norme

À la surface, de nombreuses personnes se relaient pour montrer aux mineurs qu’ils ne sont pas oubliés. Médecins, psychologues, proches : tout est fait pour qu’à leur sortie du gouffre, ces hommes soient entourés. La situation de stress risque en effet d’engendrer des dépressions. Passée l’euphorie des premiers contacts, la patience est de mise et les mineurs traversent une nouvelle période d’attente qui n’est pas évidente.

D’aucun y voit là une « expérience humaine » à la manière de l’expérience Mars 500 (débutée en juin dernier), qui permet de tester les capacités des hommes à résister à des conditions extrêmes. Si les astronautes sont « entraînés » à ce genre d’exercices, ce n’est absolument pas le cas de ces chiliens qui forcent le respect de tous… Les experts de la Nasa ont d’ailleurs été sollicités en renfort pour leur expérience en la matière.

Dans le cas de Mars 500, l’une des grosses inconnues est liée à la promiscuité des 6 personnes cohabitant – plus d’un an- dans un espace réduit. Dans le cas des mineurs chiliens, vivre à 33, sans intimité, dans un refuge de 50 m² prolongé d’un couloir de 1 800 mètres est loin d’être évident… Le découpage de l’espace en 3 « pièces » (pour manger, dormir et se soulager) ne fait que limiter partiellement ce sentiment.

Leaders et foi pour survivre

Parmi les « 33 », trois hommes se sont distingués : Mario Gomez, doyen des mineurs, devenu une sorte de « guide spirituel » ; Luis Urzua qui a pris en charge le rationnement drastique des vivres ; Jonnhy Barios, dont les compétences en médecine apprises dans des livres se sont révélées inestimables pour ses compagnons. C’est sur lui que repose la mission d’évaluer quotidiennement l’état de santé de tous.

À la surface,  tous les Chiliens les soutiennent et vivent non seulement le calvaire des mineurs mais aussi celui des familles. La foi inébranlable que montrent ces ouvriers force l’admiration de tous. Les messages qui remontent du fond de la mine en sont des témoignages directs : « avec l’aide de Dieu », «  grâce à Dieu ». Les moments de prières rythment les « journées » de ces hommes qui n’ont plus de repères.

Après l’anxiété, c’est aussi la colère qui domine. Les mineurs savaient qu’un éboulement était imminent et l’entreprise d’exploitation Don Esteban, en faillite, n’a probablement pas respecté les recommandations dont elle avait fait l’objet suite à un incident en 2007. Pourtant, ils descendaient dans la mine… Au Chili, l’exploitation des ressources minières (or, cuivre, fer, manganèse) représente près de 20% du PIB.

4 commentaires

  1. Luziadell le 28 septembre 2010 à 19:33

    Sur les 4.000 mines au Chili, l’essentiel sont exploitées par de grandes compagnies qui respectent les normes de sécurité. Le problème porte sur les petites et moyennes compagnies minières, comme la Compagnie San Esteban (et non Don Esteban), qui n’exploitait que la mine San José. Source: http://www.lanacion.cl/noticias/site/artic/20100921/pags/20100921180117.html (repris du Monde)
    Cela étant, il n’y avait jusqu’à présent que 16 inspecteurs pour toutes les mines du pays…
    Tous sont vivants mais la situation n’est pas si formidable. Une partie des informations est censurées – notamment la communication entre mineurs et leurs familles, sous des prétextes ridicules – et on dit très peu que la dépendance à l’alcool se gère difficilement; on a dû leur faire parvenir du tabac: les chewing-gum à la nicotine n’ont pas calmé le manque.

  2. Luziadell le 28 septembre 2010 à 19:33

    Et j’espère avoir l’occasion de participer une prochaine fois, c’était extra comme initiative!

  3. PalaisDecouverte le 29 septembre 2010 à 14:34

    Oui, bravo, en tout cas l’article est très complet et extrêmement précis! Un exemple gratifiant pour cette forme de journalisme

  4. Gaya le 30 septembre 2010 à 10:57

    @Luziadell Merci pour les compléments qui apportent une autre dimension intéressante , dommage pour la discussion mais il y aura d’autres occasions! ;)
    Et merci @PalaisDécouverte pour le compliment, c’est encourageant !!!

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