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Digital + Humanities : debrief avec Maud Serpin

Le 15 juillet 2011 par Lorena Biret

Après la conférence Digital + Humanities, nous avons recueilli les impressions de Maud Serpin. L’occasion de revenir sur son parcours et la genèse de Curiouser, le « laboratoire d’études et de communication digitale » à l’origine de l’évènement.

Peux-tu nous retracer ton parcours ?

En 2005, tout juste sortie de Sciences Po Paris, j’ai commencé au service communication du Monde, et comme pigiste au Monde 2. J’ai enchaîné par un travail de veille chez Euro RSCG avant d’intégrer l’agence Lowe Strateus. Là-bas, pendant deux ans, j’ai eu l’occasion de faire mes première armes avec la communication digitale, au début avec Cyril avec qui j’ai créé Curiouser.

Quels sont les objectifs de Curiouser ?

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises souhaitent être « accompagnées sur Internet ». Pour répondre à cette demande, Curiouser se fait laboratoire pour expérimenter, pousser la réflexion et tester des nouvelles idées. Un processus partagé avec le client qui permet d’appliquer une méthodologie ad hoc avec lui et intégré dans leurs campagnes des com’ les rendant ainsi originales. Afin d’être le plus rigoureux possible, Curiouser fait appel à des chercheurs en SHS (Sciences Humaines et Sociales) enrichissant ainsi leurs études digitales.

Pourquoi avoir organisé cette soirée ?

Avec cette conférence, nous avions envie de changer de perspective pour parler de marketing et de communication digitale. Sans avoir la prétention d’apporter des solutions prêtes à l’emploi (ce qui n’était pas le but), nous avons voulu montrer que l’apport des SHS est quelque chose d’important à garder en tête lorsqu’on travaille sur Internet et qu’on se présente comme un(e) « expert(e) numérique ».

Cette composante SHS, nous essayons constamment de l’intégrer dans notre travail chez Curiouser, tout particulièrement dans les études que nous faisons et nous avions vraiment envie de présenter cette démarche. L’objectif était ainsi d’ouvrir des brèches, d’esquisser et de suggérer des passerelles entre l’apport théorique des SHS et la pratique, les convictions et les intuitions des professionnels. Et aussi de sortir par la même occasion de l’éternel prisme de lecture marketing/communication utilisé pour analyser des problématiques digitales.

À quel public était destinée cette soirée ?

Il y avait principalement des professionnels dans la salle. Des gens qui travaillent sur le digital, soit en agence, soit chez l’annonceur. Côté agence, une bonne représentation de « planneurs stratégiques » mais aussi de « planneurs digitaux ». Le public présent avait l’air assez enthousiasmé par l’événement. Le mot qui est revenu dans la bouche du public est « rafraichissant ». Joli compliment !

Comment ont été choisis les intervenants ?

Nous étions partis d’un plan assez flexible afin de pouvoir parler dans un premier temps du rapport à soi sur Internet, puis du rapport aux autres puis enfin de thématiques macro telles que l’autorité, le pouvoir, la culture, l’information… Nous avons invité des intervenants que nous connaissions pour leurs travaux et dont le propos nous paraissait directement applicable à nos métiers. Nous voulions idéalement que les gens, en les entendant, puissent se dire : « Ah tiens, ce qu’il dit me fait penser au community management de cette marque-là ».

Proposer un exposé de 10-15 minutes à des chercheurs, c’était un challenge… mais les intervenants se sont plutôt bien pliés à la contrainte et ont joué le jeu des questions. Pas de « grands écarts » constatés, si ce n’est Stéphane Hugon digressant sur d’autres thématiques avant de revenir au sujet de la construction de l’identité en ligne. Pour cette partie, nous aurions beaucoup aimé avoir l’intervention de Emmanuel Lazega qui aurait pu transposer son savoir off-line sur des problématiques on-line. Mais il n’était malheureusement pas disponible.

Si nous avions eu plus de temps, il eut été intéressant de convier un chercheur pour revenir sur le terme de « Digital Humanities » et sur la posture réflexive des SHS par rapport au digital. Ce quart d’heure épistémologique aurait été un vrai « plus ». Mais 2h, c’est court…

Quelle fut la nature des questions posées ?

Contrairement à ce que nous craignons, les questions des participants n’étaient pas uniquement focalisées sur la reprécision de notions théoriques. Nous avions envie que les gens, à travers leurs questions, fassent le lien avec des problématiques de marketing et de communication digitale et nous avons trouvé qu’une grande partie des questions étaient posées dans cette optique.

Quelles sont les perspectives envisagées ?

Nous sommes chauds pour une V2 ! Comme nous l’avons dit dans l’introduction, il y avait tellement de concepts intéressants à aborder que nous aurions pu d’emblée organiser un séminaire de douze sessions ! Si les gens ont trouvé ça « rafraichissant », pourquoi ne pas leur donner davantage de « fraicheur » plus régulièrement, par exemple tous les deux mois ?

Par ailleurs, nous avons le sentiment d’avoir commencé à esquisser « quelque chose à penser », pour reprendre les mots de Etienne Candel : ce serait dommage de s’arrêter là… Et pourquoi pas envisager une variation de Digital+Humanities en convoquant les « sciences dures », comme évoqué avec Nicolas de Knowtex. Si un chercheur comme François Taddéi peut venir faire le lien avec les réseaux sociaux, nous aurons alors vraiment le sentiment de proposer quelque chose d’ultra-rafraichissant :)

>> Illustrations Knowtex (Flickr, licence CC)

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