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François Hollande sur la science, la recherche et l’innovation

Le 8 mai 2012 par VotonsScience

François Hollande, le tout nouveau président de la République, a répondu aux questions de Votons pour la science au moment où il concourait pour les primaires. Voici une synthèse de ses propositions en matière de science, de recherche et d’innovation.

« Modes de décision » en matière scientifique et familiarité avec la science

En matière de science, le candidat socialiste prétend qu’il faut “savoir s’entourer et savoir écouter des positions contradictoires”. Pour cela, il échange à l’Assemblée nationale avec ses collègues de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Il veut aussi favoriser les enquêtes et les débats publics et souhaite “recevoir et écouter les associations en prise avec les intérêts et les préoccupations de la population” pour mieux “associer le politique, l’expert et le citoyen”.

François Hollande souhaite ré-impliquer le monde de la recherche dans un “dialogue constant” avec le pouvoir politique. Au politique ”les grandes orientations pour lesquelles le soutien budgétaire sera fort” et à la communauté scientifique “la mise en application, c’est-à-dire [le] choix de tel ou tel axe de recherche en particulier”. Il s’agit selon lui de “restaurer la confiance avec la communauté scientifique” en sensibilisant “notre jeunesse à la façon dont la science s’élabore” et en mettant fin “à cette méfiance clairement affichée par le pouvoir actuel”.

Pour encourager notamment la recherche fondamentale, François Hollande défend une évaluation a posteriori qui soit “constante, transparente et qui surtout soit débattue au sein d’instances représentatives démocratiquement élues, au sein du monde des universités et de la recherche, et, côté politique, au sein de l’Office parlementaire de l’évaluation scientifique et technique”.

Politique énergétique

En matière d’énergie, François Hollande entend “optimiser l’efficacité énergétique, réduire les rejets de gaz à effet de serre et abaisser la part du nucléaire dans la production d’électricité en développant les énergies renouvelables”. Sur ce dernier point, son objectif est de “ramener la part du nucléaire de 75% à 50% à l’horizon 2025”, en insistant pour que ce nucléaire soit 100% public. La transition énergétique doit passer selon lui par le développement des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse de 2e génération…). Par ailleurs, le candidat socialiste souhaite la fermeture des centrales nucléaires en fin de vie après avis de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Sur le plan économique, François Hollande propose “d’instaurer des tarifs différenciés suivant la consommation” : un tarif bas pour les besoins élémentaires et un tarif plus cher pour la consommation de confort. En ce qui concerne le pétrole, le candidat souhaite que les compagnies pétrolières répercutent les baisses des cours du baril sur les prix à la pompes.

Innovation et R&D

François Hollande donnera “la priorité au soutien à l’innovation”. Il veut soutenir la recherche fondamentale et “favoriser le lien entre l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation ainsi que la valorisation et le transfert de technologies”. Sa politique d’innovation et de recherche et développement souhaite redonner des moyens aux universités et aux grands organismes en ré-orientant le Crédit impôt recherche vers les universités et les PME. Par ailleurs, le candidat propose de le compléter par un Crédit impôt innovation qui “permettra aux start-ups et aux jeunes entreprises innovantes de devenir des Entreprises de taille Intermédiaire”. Il souhaite miser également “sur l’embauche des docteurs dans les entreprises, en commençant par faire reconnaître le doctorat à la fois dans les grilles de la fonction publique et dans les conventions collectives”.

Pour François Hollande, il faut surveiller les entreprises et ne pas les encourager à sous-traiter leur recherche dans les laboratoires publics au lieu d’investir dans leurs propres laboratoires. D’autre part, les chercheurs devront, selon le candidat socialiste, avoir les moyens de définir leurs propres politiques scientifiques sans dépendre de financements de projets à court terme et être encouragés dans la prise de risque afin de ne pas enfermer la recherche “dans le conformisme”.

Éducation et culture scientifique

François Hollande annonce que la “jeunesse est au cœur de [son] projet pour la France”. En effet, pour lui, l’éducation doit “être une priorité” et permettre aux jeunes de mieux s’insérer dans la vie professionnelle, mais aussi de “consolider la recherche” pour être en mesure de faire face aux enjeux sociétaux et environnementaux.

L’objectif de François Hollande est d’atteindre, en 15 ans, “50 % d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur” au lieu de 24% actuellement. Pour rétablir la confiance avec les acteurs de la recherche François Hollande souhaite :

  • favoriser un parcours personnalisé pour les étudiants
  • faciliter les passerelles
  • encourager les efforts pédagogiques
  • augmenter le nombre d’allocations de recherche pour les jeunes chercheurs
  • améliorer l’environnement et les conditions de vie des étudiants
  • renforcer l’accueil des étudiants étrangers

Régulation des technologies et organisation de l’expertise

Selon François Hollande, “l’expertise collective, transparente et contradictoire” doit être favorisée. Il estime que la société doit pouvoir s’appuyer sur une “expertise dégagée des conflits d’intérêts” afin de se forger une opinion. De même, convaincu que “le Parlement doit être un lieu de dialogue et de confiance entre les scientifiques, les citoyens et le législateur”, il souhaite “renforcer les pouvoirs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques”.

Même si les nanotechnologies promettent de grandes choses, François Hollande considère qu’elles génèrent aussi des craintes et des peurs, c’est pourquoi il est nécessaire de mener à bien des “expertises incontestées” sur “tout ce qui touche aux conséquences de la généralisation de ces technologies sur notre vie, et en particulier notre santé”. Alerte citoyenne, débat public, expertises contradictoire et moratoire sont autant d’outils disponibles et valables pour faire la lumière sur ces questions puis agir.

Par ailleurs, les citoyens doivent bénéficier selon François Hollande d’une “information claire et non suspecte d’inféodation à des intérêts particuliers”. Les relations science-société devraient être pluss ouvent présentes à la télé et la radio, à l’instar des émissions très documentées de la BBC. Le candidat socialiste estime qu’il faut établir une “relation de confiance et un dialogue constant entre le pouvoir politique et le monde scientifique” pour accompagner la recherche et initier, chaque fois qu’il est nécessaire, un débat public.

>> Illustrations : Francois Hollande (Flickr, CC)

>> Source : article publié initialement le 22 mars 2012 sur le blog du Monde.fr « Votons pour la Science« 

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