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La physique des films « spatiaux »

Le 12 mai 2011 par Dr. Goulu

Bad Astronomy reprend un sujet du blog de science-fiction io9 consacré à la physique dans les films dont l’action a lieu dans l’espace, illustré par ce tableau très incomplet des violations des lois de la physique commises dans chacun d’entre eux :

Seuls les films « historiques » comme Apollo 13 et l’Etoffe des héros respectent parfaitement les lois de la physique spatiale.

Le génial 2001, l’Odyssée de l’espace est le seul film de science-fiction pratiquement parfait. Sa seule imperfection concerne le mouvement des acteurs en apesanteur, et il est dû à l’âge du film : avant l’apparition des effets numériques, la solution typique était de passer les mouvements des acteurs « au ralenti ».

L’autre défaut de ce film mentionné dans le tableau est incorrect : la scène de l’exposition au vide du Dr. Floyd lorsqu’il utilise le sas de secours est très réaliste. Cette page basée sur des documents et expériences de la NASA explique qu’un être humain placé dans le vide n’explose pas, ne gèle pas, mais meurt « simplement » asphyxié après avoir souffert de quelques phénomènes très désagréables, en principe similaires à la remontée rapide d’un plongeur depuis une profondeur de 10 mètres.

Deux films s’en sortent bien avec seulement deux problèmes de physique : Space Cowboys est une sorte d’ Apollo 13 de fiction mais n’évite pas l’effet « apesanteur au ralenti », et tombe dans une autre erreur typique : le bruit dans l’espace. Beaucoup ignorent le slogan des Alien : dans l’espace, personne ne vous entend crier…

L’autre est l’excellent Contact. Là, c’est plutôt le contact trop facile avec les extra-terrestres qui dérange : après un petit casse-tête initial, Jodie Foster discute en anglais non sous-titré avec le représentant d’une civilisation avancée… Plutôt que le « bruit dans l’espace » mentionné dans le tableau, il me semble que ce film souffre plutôt du syndrome du « plus vite que la lumière ».

Non, on ne peut pas et on ne pourra pas aller plus vite que la lumière. Jamais. Dieu et son prophète Albert l’ont interdit. Il sera peut-être possible de voyager dans le temps et d’aller aussi vite que la lumière, mais pas plus vite.

D’autres films comme Armageddon et Deep Impact combinent les fautes mentionnées avec d’autres, notamment une mauvaise représentation du feu et des explosions dans le vide (rien ne peut réellement bruler dans l’espace) et le non respect de la gravité dans des champs d’astéroïdes (qui s’attirent mutuellement).

Finalement, il y a des films de « space opera » comme Star Wars dans lesquels le réalisme scientifique est totalement négligé. Mais est-ce bien important ?

Si le sujet vous intéresse, consultez aussi le site Intuitor (en anglais) qui traite du respect des lois de la physique dans les films en général, avec notamment une page très intéressante sur les effets spéciaux irréalistes mais très communs comme :

  • les balles qui ricochent en faisant des étincelles
  • les voitures qui explosent en cas de choc
  • les gens qui sautent sans mal à travers des fenêtres de verre
  • les rayons laser visibles
  • etc.

Intuitor fait aussi de nombreuses critiques scientifiques de films, et même de documentaires comme pour « Qui a tué la voiture électrique ?« , censé montrer comment l’industrie du pétrole à éliminé la gentille voiture électrique EV1 de GM…

>> Billet initialement publié le 17 mars 2008 sur Pourquoi Comment Combien – le blog du Dr Goulu.

>> Illustrations : Stephanie Fox et Nivair Gabriel (Crédit : io9), affiche du film Armageddon.

2 commentaires

  1. Fabre le 12 mai 2011 à 14:16

    Avant d’être un film, « Contact » est un roman de SF (que j’ai lu d’ailleurs ensuite) de Carl Sagan. Il ne s’agissait donc pas d’un délire mais de quelque chose qui se voulait respectueux au possible des connaissances scientifiques. Le souci majeur des écrivains de SF est justement comment aborder la délicate question de la « rencontre ». Alors 3 cas de figure :
    1- ET ne peut pas communiquer avec nous
    2- ET peut communiquer avec nous mais de manière indirecte
    3- ET est comme vous et moi et on peut papoter au bistro du coin (ce que certains croient dur comme fer LOL)

    Le cas numéro 1 est typique de SOLARIS. Le dernier film avec Clooney a été assez mal traité par rapport à ce que voulait exprimer l’auteur. La preuve en est que je n’ai rien compris au but du film. Ce film tourne autour de la non communication possible avec une entité extra-terrestre, thème fétiche de l’auteur Stanis?aw Lem.
    D’autres pensent qu’ET ne peut pas parler avec nous comme nous ne discutons pas avec les insectes.

    2- Dans ce cas, il faut passer par un subterfuge et des métaphores. 2001 en est un exemple génial. Lorsque mon père avait vu le film au ciné, un spectateur s’était écrié à la fin, lorsque Bowman se voit lui même plus vieux : « Ah ! Enfin un martien ! ». C’est dire que le message peut être un peu élitiste…
    Contact aussi joue sur ce registre. ET prend une forme de quelqu’un que connait la cosmonaute.

    3- Cas le plus courant.

    Pour en revenir à Contact, le scénario se fonde sur une des idées hyper novatrices de l’époque de l’écriture : les « trous de ver ». Carl Sagan s’était justement demandé si un voyage plus rapide que la lumière (et donc dans le temps) était « théoriquement » envisageable et avait fait le tour des grands physiciens de l’époque. Il avait demandé à Kip Thorne qui a répondu au départ « BS » puis s’est ravisé et a dit « avec un trou de ver, c’est OK » : http://en.wikipedia.org/wiki/Kip_Thorne#Films

    Il n’y a donc aucune incohérence. C’est juste spéculatif mais c’est de la SF alors, ca passe.

  2. Fabre le 12 mai 2011 à 14:22

    Au fait , à propos de Sagan, ce dernier a conçu la plaque de Pioneer 1, donc il ne pouvait que rentrer dans le cas n°2. Hé !

    PS: J’avais vu un dessin humoristique ou un ET tenait la plaque sur une planète imaginaire et disait à un autre « En fait, ils sont comme nous sauf qu’ils vivent nus ».

    Juste pour blaguer sur le fait qu’on ne sait vraiment pas si ET va interpréter correctement les schémas de cette plaque.

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