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Le « musée-Légo »

Le 13 novembre 2011 par samuel bausson

Le Musée-Légo est un musée ouvert et accessible de façon la plus disponible possible, adapté aux modes de vie des visiteurs. Un musée en réseau et multi-plateformes, présent là où les visiteurs et les communautés le sont (en ligne et hors ligne). Un musée ludique où la relation aux oeuvres est décomplexée et créative.

Il n’est  pas réservé à ceux qui “savent se tenir” sur le mode exclusif de la contemplation. Les modes d’accès à la connaissance et aux oeuvres par le mental, les émotions, les relations, le geste… sont multiples et adaptés aux envies des visiteurs. Le musée-Légo est un musée que l’on peut faire sien comme on peut facilement construire une “oeuvre” personnelle complexe à partir de simples morceaux de Légo conçus pour être faciles à assembler et libérer le potentiel créatif (1)

Autrement dit, le musée-Légo n’est plus un “musée-cathédrale” mais un “musée-bazar” – pour reprendre la métaphore (2) du logiciel libre – où chacun pourrait trouver “sa” place de façon organique dans un projet culturel commun. Le musée-Légo veut avant tout faire du lien pour faciliter la mise en relation entre son patrimoine et les visiteurs par le biais d’une “architecture participative”, à tous les niveaux de sa démarche. C’est un musée qui privilégie une relation autour d’intérêts partagés, de la simple conversation au co-commissariat d’expositions en passant par les animations participatives ou les tests de prototypes de services numériques…

Une démarche globale

Si la démarche ouverte et participative est souvent influencée par les pratiques du web, elle doit se déployer au-delà pour faire partie de la politique du musée dans son ensemble. En cantonnant le “participatif” aux plate-formes web, on produit un décalage entre les propositions des différents lieux du musée et un manque de cohérence pour les visiteurs qui ne retrouvent pas sur place les propositions et l’esprit qu’ils ont rencontré en ligne.

De plus en plus d’offres “hybrides” franchissent cette frontière entre “sur place” et “en ligne”. Le numérique s’immisce dans les lieux physiques du musée avec les offres de visites, sur mobile par exemple, avec les objects communicants… entre virtuel et réel la distinction devient floue et “l’esprit” du web ne s’arrête pas aux portes du musée physique.

Les principes du “musée Légo” s’appliquent partout dans tous les “lieux” du musée, aussi bien en ligne, sur les réseaux, que sur place. Le musée devient un musée ”multi-médias” fait de personnes médiatrices, d’objets supports, de médias et de lieux-media où sont partagées les mêmes valeurs et principes de relations avec les visiteurs. Le musée-Légo inscrit cette démarche dans sa politique globale d’établissement et la met en oeuvre au delà du périmètre numérique.

Un musée orienté “visiteurs-utilisateurs”

Le musée-Légo est un musée vivant et son action est orientée vers les visiteurs. Un musée qui s’adapte de façon pragmatique dès que possible aux demandes et aux modes de vies les visiteurs (dans ses horaires, ses modalités pratiques…).

Il reste garant d’une expertise patrimoniale sur ses collections, celle qui fonde sa légitimité. Il n’est pas question de la négliger, mais le musée-Légo se donne les moyens de la mettre en relation avec les visiteurs. Il s’enquiert également des “non-visiteurs”, révélateurs de demandes non explicites ou d’usages pas adaptés. Il prends soin de connaître leurs besoins et de les articuler au mieux avec son “offre” patrimoniale.

C’est un musée qui ne se contente pas d’exposer des oeuvres de “toute pièce” en vitrine et de construire un discours d’expertise autour d’elles. C’est un musée qui s’enquiert d’une démarche de qualité avec les publics pour qu’ils “s’y retrouvent”. C’est une musée qui fait l’effort de sortir du cadre flou du “grand public” ou des “représentations” habituelles (“familles”, “jeunes”…) et s’efforce d’être en phase avec des “motivations” réelles à la visite (en ligne ou sur place) : envies d’inspiration, de curiosité générale ou bien de découvertes précises, de calme et d’échapper au monde “extérieur”, d’expériences sensitives, de création et d’ateliers, d’échanges, d’affiliation, de reconnaissance, d’accompagner des amis…

Le musée-Légo ménage une large place d’expression aux visiteurs autour des oeuvres avec des ateliers d’échanges et de co-création ouverts et informels avec les créateurs, les scientifiques, les conservateurs, les autres visiteurs…

Un musée qui s’inscrit dans un réseau de relations entre individus

Un des ressorts du participatif en ligne est basé sur la mise en relation de profils qui s’affilient par affinité. Ces regroupements forment des réseaux basés sur les motivations et centres d’intérêt de chacun. Ces relations inter-individuelles s’enrichissent mutuellement du fait du tissu d’échanges au sein du groupe et de la masse d’informations générés collectivement.

Le musée-Légo ne passe pas du mode “contrôle” au mode « abandon » en se contentant de réunir les “participants” ensemble et en espérant que la “sauce participative” prenne toute seule. Il ne peut pas y avoir d’un côté le musée “générique en bloc” et de l’autre “les communautés” de visiteurs. Au contraire, il comprend que le musée est un “organisme” dont font partie ceux qui y travaillent.

Chacun s’y implique, avec son expertise, en assumant sa place, en relation avec les autres, ni plus, ni moins. Les personnels du musée prennent place avec leur individualités professionnelles et prennent une part assumée à la “conversation”. Le musée-Légo retire le masque institutionnel de la relation générique “façade/logo” avec le « grand » public. Il embrasse une relation inter-individuelle assumée entre professionnels et visiteurs du musée.

Un réseau intégrant la communauté professionnelle dans son ensemble

Pour être riche et représentative du musée, cette démarche doit être adoptée par l’ensemble des personnes associées à son fonctionnement. Or les relations avec “l’extérieur” sont souvent reléguées à quelques métiers spécifiques “paravents” (communication, accueil, médiateurs, webmaster…).

Le musée-Légo met en place des circuits ouverts et réactifs pour faciliter les échanges où chacun est en mesure de répondre et de s’adresser directement aux interpellations des publics, de participer, à sa mesure, à la “conversation” globale de l’établissement sur les réseaux (selon quelques principes de bon sens partagés). Au final, le musée-Légo met en relation la communauté professionnelle du musée et les communautés de visiteurs-utilisateurs.

Pour proposer des offres ouvertes, évolutives et distribuées

Aux “plans quinquennaux” et aux catalogues d’offres fixes, ce musée préfère une démarche “agile”, ouverte et itérative. Une démarche inspirée des communautés du logiciel libre et du web collaboratif. Le musée-Légo ne pense plus son action à partir des lieux fixes et des “métiers” spécifiques qui les occupent, mais à partir d’offres de contenus et de services en flux et évolutives. Il sait faire émerger des besoins, faire évoluer et adapter ses offres de façon organique, en résonance avec les communautés de visiteurs-utilisateurs devenus acteurs du musée.

Il facilite les hybridations en ouvrant ses contenus (par exemple avec des licences ouvertes ou bien facilitant la ré-appropriation des contenus par les internautes pour une rediffusion ou une réutilisation sur un autre support…) Il co-construit des offres modulaires et distribuées dans des écosystèmes où elles peuvent rencontrer un public demandeur et source d’un enrichissement contextuel (par exemple sur Wikipedia, ou bien par une ouverture des données de collections auprès de développeurs indépendants…) Cette démarche inclusive des “visiteurs-acteurs” dans la production des offres permet de s’assurer qu’elles sont adaptées et qu’elles seront adoptées in fine.

Un musée-Légo avec un fonctionnement-Légo

Sortir de sa “zone de confort” pour aller à la rencontre des visiteurs, s’ouvrir à la contribution comme à la contradiction, s’inscrire dans des flux complexes d’échanges sur de multiples plate-formes, déléguer vraiment la parole et l’initiative en interne…tous ces changements génèrent de l’angoisse pour le musée. Cette démarche rencontre beaucoup de réticences de « principe » dans les musées.

Quand bien même ces réticences seraient-elles dépassées de façon théorique par une compréhension des enjeux et bénéfices d’une démarche plus ouverte, cela ne suffit pas à passer au niveau opérationnel quand tout le musée, dans son ADN, dans ses pratiques de longue date, s’y oppose de façon systémique. L’injonction au travail transversal ne suffit pas. Une véritable remise à plat des modes de fonctionnement interne est nécessaire.

Un musée qui se connaît d’abord lui-même

Le musée doit alors trouver une nouvelle stabilité, non plus en se focalisant sur le contrôle des discours et la maîtrise des débordements à priori, mais en se construisant une identité globale forte, mieux définie, affirmée et partagée : une identité sociale, ouverte aux opportunités des échanges.

Comme évoqué plus haut, les échanges en ligne sont d’abord une question de “profils” qui s’associent par affinités. C’est aussi, en miroir, parce que le musée projette une identité lisible qu’il est plus facilement identifié et qu’il facilite la relation avec les visiteurs-utilisateurs. Il ne s’agit pas d’enfermer le musée sur lui-même ni de “capter” les publics (qui ont bien d’autres sollicitations par ailleurs). Il s’agit de définir l’empreinte du musée, qui attire, mais surtout qui “parle” aux visiteurs-utilisateurs et incarne sa promesse d’expériences de visite et d’offres. Un musée avec une personnalité “aimable”.

Pour que ces changements dans les modes de relations avec les visiteurs s’opèrent, il faut donc sans doute commencer par l’essentiel et reconsidérer ce qui fait l’ADN du musée : poser de façon explicite quelles sont les valeurs de l’établissement (pourquoi il existe), quelle sera sont attitude (son mode relationnel avec l’extérieur) et quelles seront ses offres propres (ce qu’il apporte de différent à ses publics)

Ce travail sur l’identité d’établissement vaut aussi en interne pour les personnels du musée qui pourront se l’approprier et la mettre en relation avec leur propre identité professionnelle. Avec une identité solide du musée, les multiples “voix” du musée peuvent trouver plus d’harmonie entre elles et le musée peut s’autoriser à les laisser s’exprimer plus ouvertement sans craindre pour sa stabilité.

Moins de validations, plus de créativité

Pas de musée ouvert et participatif avec une organisation interne fermée et descendante. Le musée-Légo, à l’image de sa relation externe avec les visiteurs, implique un mode de fonctionnement ouvert à la créativité de ses contributeurs premiers : les personnes qui y travaillent.

Cette logique ouverte et décentralisée, implique de “valider que tout n’est pas à valider” de façon systématique. Un principe de confiance s’en remet à la responsabilité sensible de chacun. La direction du musée élargie sa tolérance, a priori, aux quelques rares “dérapages” possibles, au bénéfice de la très grand majorité des échanges qui y gagnent en réactivité, ouverture, spontanéité et authenticité.

Cette démarche ne peut émerger de façon viable que sous l’impulsion de directions qui appliquent elle-même les principes qu’elles appellent de leurs voeux, en commençant par faciliter au maximum l’autonomie “articulée” des acteurs du musée autour d’un projet d’établissement partagé. Des directions qui abandonnent le micro-management et la bureaucratie rassurante au profit d’ orientations fortes et de périmètres-projets clairs que chacun peut s’approprier et traduire dans sa responsabilité “métier”.

Le musée-Légo libère les échanges inter-individuels sans passage obligé par les “portes-paroles”. Il libère les initiatives sans circuits de validations superflus. Au final, il facilite l’émergence de conversations et d’activités créatives grâce à des individus qui sont libres de s’associer en bonne intelligence, en fonction des offres du musée, des demandes des publics et des contextes.

Moins de cloisonnement, plus d’intégration

Les offres sont orientées visiteurs lorsqu’elles sont intégrées ; c’est à dire construites de façon cohérente les unes par rapport aux autres, puis distribuées de façon articulée, en terme de supports et de rythme. Dans un musée-Légo chacun prend en charge, en fonction de son métier, la responsabilité de s’associer autour d’un “hub” de projets communs, non plus définis en terme de “métiers”, mais en terme d’offres faites pour et avec les publics.

Mais ce modèle “organique” n’est pas compatible avec le cloisonnement vertical inhérent aux fonctionnement interne des institutions. Un fonctionnement descendant par des tuyaux “métiers” aboutit à des offres construites sans concertation et sans prendre en compte la cohérence globale de ces offres d’un point de vue des visiteurs.

Avec une démarche partagée par tous, les différents acteurs peuvent se concerter pour sortir de cette logique “métiers” et proposer un éventail d’offres plus lisible du point de vue du visiteur. L’ensemble des responsables métiers (accueil, communication, web, expositions, médiations, collections…) coordonnent leurs démarches et déploient leurs offres en ligne en supplément de celles sur place.

Les offres numériques (mobiles, objets communicants…) ont tout intérêt à être construites avec les équipes d’animation pour en faire des outils de médiation à part entière, en collaboration avec les équipes des expositions pour faire des compléments d’une visite “augmentée”… Cela signifie ne plus se focaliser sur la prochaine “expo” qui impose son “calendrier” à l’ensemble du musée.

Il s’agit de faire émerger une “offre” (une thématique, un service…) autour de laquelle un ensemble de propositions, d’animations, de services… sur place et en ligne sont agrégés et dont les expositions ne sont qu’une composante. Là aussi, les directions doivent prendre soin de signifier concrètement leur soutien à une démarche transversale en intégrant “le déploiement numérique” des offres de médiation, d’exposition, d’accueil…. dans les grilles d’évaluation des projets et des responsabilités “métiers” de chacun.

Au Brooklyn Muséum, l’offre “1st Fan” a renouvelé l’offre de fidélisation des “amis du musée” avec une offre privilégiée aussi bien sur place (rendez-vous avec un artiste tous les premiers samedis du mois) qu’en ligne (contenus avec accès restreint produits par ces artistes). Cette offre intégrée implique une concertation rapprochée et une ouverture mutuelle aux apports “métiers” de chacun entre le département marketing et le web.

Au Muséum de Toulouse, les conférences ont fait l’objet d’un effort d’intégration particulier avec le web. Régulières (presque tous les jeudis soirs), elle assurent un rythme dans l’agenda événementiel du muséum. La semaine précédent une conférence, l’équipe de médiation invite les membre du groupe Facebook dédié aux conférences. La communication publie une actu sur le site et fait le lien avec l’évènement sur Facebook. L’équipe web relaie l’annonce sur Twitter et fait un rappel le jour même, puis publiera souvent un retour sur le blog les jours suivants. Toute la semaine, l’équipe de documentation orientera sa veille en ligne (Netvibes pour les ressources, Twitter pour les liens en continu, Delicious pour archivage…) en fonction du sujet de la conférence, permettant d’anticiper et de créer une continuité thématique entre l’offre de veille et les conférences…

Les offres du musée-Légo sont intégrées en terme de développement et sont articulées en terme de distribution : espaces (articulées sur les plate-formes physiques et numériques du musées) et temps (déclinées selon un calendrier qui prend en compte les rythmes longs et courts de chaque environnement).

Avec l’accueil comme porte d’entrée de la démarche

Il s’agit d’envisager  l’offre “accueil” comme un tout, aussi bien sur place que en ligne. Le responsable “métier” de l’accueil au musée étend sa responsabilité  au delà du “guichet” et vers les espaces numériques pour y articuler en complémentarité : les propositions d’accessibilités, de traductions, d’informations sur les offres, de relais et réponses aux questions et problèmes remontés par les visiteurs… Il inclut, entre autres, l’équipe web dans sa démarche et fait appel à ses compétences en terme d’outils et d’usages web, pour garantir une cohérence entre l’accueil sur place et celui en ligne qui sert souvent à préparer sa visite ou à la prolonger par la suite.

En aparté, je trouve que c’est la  notion « d’accueil » au sens large qui devrait bénéficier d’une attention particulière et être la première intégrée. Les retours rapides, les relations conviviales avec les visiteurs (en dehors des animations prévues) sont primordiaux et à prendre en charge par toutes les personnes du musée de façon plus spontanée. S’engager dans des projets de co-creation de contenus ou même simplement être présent sur les medias sociaux, n’auraient pas de sens si les demandes quotidiennes, les plaintes, les conseils des visiteurs sont mal relayés et peu pris en considération par les équipes du musée.

Un musée à imaginer…

A quoi pourrait ressembler le musée-Légo ? Peut être à un musée constitué de plusieurs espaces modulaires.  Des espaces dédiés à des expositions abouties pour les visiteurs en mode “réception”, des espaces conviviaux de détente (coins détentes, salons et cafés) dédiés aux visiteurs qui peuvent y venir et revenir à loisir, pour quelques minutes comme pour une journée… Ailleurs, des espaces dédiés aux échanges, au co-design de futures expositions et d’animations “beta” avec des visiteurs en mode “acteurs” (comme des ateliers de prototypages collectifs)…

Ces espaces intègrent les opportunités du numérique (pour des visites “augmentées”) et s’articulent en intelligence avec les réseaux où ils trouvent un écho. Le musée-Légo se déploie en ligne avec ses offres intégrées et distribuées. Le musée-Légo se fera avec les amateurs d’art, de science et d’histoire qui voudront vivre autrement le musée et y apporter leur morceau de créativité.

Notes

1. On retrouve souvent cette metaphore du “Légo” comme modèle du participatif et de l’innovation créative. Ici par exemple sur l’évolution de la société Légo vers sa communauté adulte :http://owni.fr/2010/06/22/Légos-afol-de-7-a-77-ans/. Ici par Arthur Bodolec qui l’utilise pour expliquer sa démarche dans l’accompagnement créatif : http://www.arthurdesign.fr/2011/01/my-ted-talk-on-how-to-unlock-peoples-creativity-the-video/. Ici sur la passion des geeks pour les Légo : http://mashable.com/2010/03/02/geeky-Légo-creations/ ou http://owni.fr/2010/06/08/Légo-nous-sommes-tant-aimes-et-ca-continue/

2. Métaphore de la cathédrale et du bazar : http://www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/cathedrale-bazar_monoblock.html

>> Article publié initialement sur Mixeum.net

>> Illustrations : nicolasloubetlorenabiret, swannyyy

2 commentaires

  1. Atriyou le 18 novembre 2011 à 09:23

    Beaucoup d’idées intéressantes mais quelques faiblesses de l’argumentation (imputables à la forme plus qu’au fond) :

    - compétences du personnel : surveillants et membres de l’accueil réduits à leur plus stricte fonction, souhaite-t-on diversifier leur tâches ? Au delà, les propositions demandent même des conservateurs une vision de l’informatique et d’Internet qu’ils pressentent comme bénéfique mais qu’il ne parviennent pas à rendre bénéfique. Faute de visions, mais aussi de compétences qui leur permettrait d’envisager les possibilités en matière de techniques.

    - flexibilité : « Un musée qui s’adapte de façon pragmatique dès que possible aux demandes et aux modes de vies les visiteurs (dans ses horaires, ses modalités pratiques…). » Vous allez dire à un étudiant, une mère de famille « adapte-toi ! » Je ne comprends pas bien : est-ce que l’organisation serait chamboulée tous les mois ou pensez-vous à de simples visites nocturnes ?

    - cohabitation des publics classiques et branchés : un musée légo correspond à un public « branché », versé dans les technologies, le web participatif. Par contre, que faites-vous de la cohabitation de ce public avec un public plus classique et qui constitue encore une bonne part des visiteurs d’un musée. Je vous renvoie à l’expérience de rédaction d’une nouvelle constitution en Islande, sur un mode participatif et aux premiers bilans qui en sont faits. Cela sera éclairant.

    - participatif : quelles sont les modalités de cette participation ? L’article est un peu contradictoire, d’un côté il met en avant des exemples de commissariat participatif et de l’autr, il pose les prérogatives du musée, à savoir la gestion de ses collections. Je n’ai pas bien compris comment les prérogatives s’articulaient avec la participation lors de l’établissement d’une exposition. Est-ce par rapport au contenu et à l’expertise des visiteurs sur le mode de wikipedia ?

    - validation : “valider que tout n’est pas à valider” – voilà une belle charge contre la validation. Or la validation est un moment positif de remise en question pour peser le pour et le contre, la justification des décisions que l’on prend. Il y a un aller retour dans le processus de validation qui permet de dépasser une approche trop bornée. Je comprends que vous souhaitiez parler plutôt des modes de validation et des objets de validations. En gros, d’un côté on a la hiérarchie, celle des savoirs et celle de l’organisation. De l’autre, les détails de ces savoirs et de cette organisation. Je pense qu’il faudrait nuancer ou préciser votre propos pour qu’il soit écoutable.

    Mon commentaire n’est pas à charge, puisque je le répète, cet article pose des pistes. Cependant sa formulation parfois trop englobante me gêne aux entournures.

  2. samuel bausson le 04 décembre 2011 à 01:48

    @atriyou
    merci pour les retours
    pour les faiblesses de l’argumentation :
    ce texte est repris de mon blog http://www.mixeum.net/post/6489669278/le-musee-lego
    ou je précise en préambule qu’il ne s’agit que d’un partage de rélfexions en l’état et que je n’ai aucune prétention autre que de poser mes idées dans un coin pour ceux que ça intéressent, qui veulent les lire pour leur propre reflexion : un blog quoi…
    si je réfléchi à ce type de chose c parceque je suis confronté sur le terrain aux questions de fonctionnement de l’institution et que ça m’amène à prendre du recul et à y réfléchir. Et parceque j’aime ça, sans doute. mais je ne suis pas un théoricien d’aucune sorte.

    pour les différents points.
    sur l’accueil : je ne comprend pas ce que vous voulez dire ni le lien avec la connaissance en informatique de la direction. ça me semble trop exigeant de demander aux directeurs/conservateur d’être technologues. c le rôle des chargés web de leurs donner des clefs et des orientations à mon sens en les articulant avec la politique de l’établissement
    pour moins l’accueil est le métier « pivot » du musée dans sa relation aux publics. je ne veux pas le réduire à quoi que ce soit. au contraire.

    pour la flexibilté : je ne comprend pas non plus. je veux juste dire que les musées sont trop centrés sur leurs fonctionnements au point très souvent de ne pas répondre aux besoins des visiteurs et que un peu de flexibilités permettraient d’etre plus en phase. oui pour les nocturnes plus fréquents

    le participatif en soi n’a rien à voir avec le « branché ». donc là je vois pas non plus. il s’agit de deux démarches plutot. oui la plupart des publics ne veut pas « participer » et c’est pas du tout un problème. on peut avoir les deux sans les opposer : au contraire, on pourrait imaginer un espace de co-création, d’échanges avec les visiteurs « acteurs » qui nourrit la conception de futures offres d’expo, d’animation pour des visiteurs « consommateurs »

    pour les validations, je parle de ne pas « tout » valider, ce qui est souvent le cas. bien sûr que les échanges avec la hiérarchie sont potentiellement riches. Je préfère tout de même que les équipes en relation avec publics, en ligne ou sur place, puisse prendre des décisions par eux-même, qui à décider elles-même quand elles ont besoin de faire remonter des points plus délicats, sur un mode de management délégatif, qui leur accorde confiance et droit à l’erreur, au bénéfice d’une relation plus ouverte, sereine et surtout réactive avec les publics.

    bien à vous
    samuel

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