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Master CEN, une formation pionnière

Le 22 mars 2011 par Raphaël Velt

Le master « Création et édition numériques » (CEN pour les intimes) est l’une des plus anciennes formations au multimédia proposées en France. En effet, si elle n’existe sous ce nom que depuis la récente réforme « LMD », cette formation est l’héritière de la MST (Maîtrise de Sciences et Techniques) et du DESS Hypermédias, créés en 1998 à l’Université Paris-8, à Saint-Denis.

En dehors de ce master professionnel, qui représente la majeure partie des effectifs de ses étudiants, le département Hypermédia délivre deux autres masters, accessibles uniquement en deuxième année : « Technologies des hypermédias » (professionnel) et « Numérique : enjeux et technologies » (recherche). De plus, ce département co-organise la licence professionnelle « Création et développement numériques en ligne » de l’École des Gobelins et le Master « Formation à la réalisation » de l’Institut de l’image de l’Océan Indien (ILOI) sur l’île de la Réunion.

Une formation transversale aux métiers du numérique

Les enseignements du Master CEN s’articulent autour de trois axes : la théorie, avec des cours allant de la sémiotique à la sociologie des nouveaux médias ; la technologie, avec d’une part l’enseignement des logiciels de création comme Photoshop ou Flash et d’autre part les principaux langages de programmation du web (HTML, Javascript, PHP, ActionScript) et enfin la pratique de la création, avec des ateliers débouchant sur la réalisation de projets complexes.

Des parcours et profils diversifiés

Les étudiants entrant dans le master arrivent généralement avec un bagage spécialisé correspondant à l’un des axes d’enseignement, provenant de filières aussi variées que le graphisme, les sciences sociales, le journalisme, les formations multimédia de type « Services et réseaux de communication », l’audiovisuel ou l’informatique. D’autres sont des professionnels en reprise d’études et tous mettent en commun leurs savoirs pour aider les étudiants venant d’autres parcours.

La diversité des étudiants se traduit aussi par leur origine, dans l’esprit qui a valu à Paris-8 son slogan d’« Université-Monde ». Les étudiants étrangers actuellement en cours de master proviennent entre autres d’Australie, de Chine, de Colombie, du Liban, de Palestine, du Pérou, de Roumanie, de Serbie ou encore de Tunisie.

Être au plus près de l’innovation

Pour Ghislaine Azémard, professeur en Sciences de l’Information et de la Communication, qui dirige la formation depuis ses débuts, « c’est toujours un enjeu de rester vigilant sur ce qui est innovant et ce qui doit être en phase, en termes de formation, avec le développement du secteur du numérique ». La formation a su négocier le passage du CD-Rom aux sites web et anticiper la montée en puissance de la géolocalisation, du mobile et du tactile, grâce à une logique de veille, visant à rester informé des évolutions tant des technologies que des formes éditoriales et des usages. Cette veille permanente se traduit du côté des enseignants par le choix de tester de nouveaux supports comme les tablettes tout en gardant en vue les « grands invariants » et du côté des étudiants par la présentation d’exposés sur l’état de l’art des technologies et la tenue d’un blog collaboratif, Crossmédias.

Les projets au centre de la formation

Une grande partie des enseignements tourne autour des projets de groupe, au cours des deuxième et troisième semestres du master. De l’idée initiale à la livraison d’un prototype en fin de semestre, ceux-ci permettent de réunir les compétences nécessaires en termes de gestion de projet, de contenus éditoriaux, de graphisme et de programmation et de travailler de manière collaborative.

Les projets font la part belle à la pertinence des contenus et à l’aspect innovant et les enseignants laissent une relative autonomie aux étudiants et les aident en apportant leurs points de vue parfois contradictoires, ce qui pousse les étudiants à approfondir leurs propres réflexions.

Les enseignants-chercheurs qui encadrent le master sont rattachés au Laboratoire Paragraphe de l’Université Paris-8 et participent à plusieurs équipes de recherche, dont le CITU (Cybermédia, Interactions, Transdisciplinarité et Ubiquité) et le LEDEN (Laboratoire d’Évaluation et de Développement pour l’Édition Numérique). Des étudiants ont ainsi pu participer à des projets de recherche, notamment « La Montre Verte Citypulse » du CITU, sur lequel ceux-ci ont travaillé sur le graphisme et la programmation d’une interface de visualisation de données.

Les projets du LEDEN, tels que « Marie Curie, femme de sciences », un site web en flash réalisé en 2004 pour le ministère de la Recherche, « Territoire(s) », un site de valorisation de la Seine-Saint-Denis, ou « Cyber-Cartable », un module éducatif, nourrissent les réflexions des étudiants qui, cette année, ont proposé des adaptations de ceux-ci (1) pour les interfaces tactiles : tablettes et smartphones.

Certains projets issus de la formation sont sortis du cadre étudiant, débouchant sur des produits commerciaux ou obtenant des prix. Par exemple, le site evene.fr (racheté depuis par Le Figaro) était à l’origine le projet « Citations du monde » de la promotion 1998/1999. Le CD-Rom consacré à la culture et à la calligraphie chinoises issu de la promotion 2001/2002, « Le voyage de Yi », a été édité et a reçu le « Coup de cœur » de la Fnac. Plus récemment, en 2010, Visicity, un jeu de piste géolocalisé pour iPhone, a obtenu le premier prix du concours Géoportail de l’IGN.

Un master visant l’insertion professionnelle

Les étudiants du master CEN entrent tout au long de leur formation en contact avec le monde professionnel, avec des cours donnés par des intervenants extérieurs et surtout une série de conférences, les Rencontres Cross-Médias. Cette année, celles-ci ont porté sur les mutations dans le domaine de l’édition (de la presse magazine au livre électronique en passant par les revues scientifiques) et la question des médiations scientifiques et culturelles, notamment dans les musées et les grandes institutions culturelles (2).

Les six mois de stage en deuxième année de master sont un moment fort de l’insertion professionnelle des étudiants et sont également l’occasion d’un va-et-vient avec l’université avec un suivi régulier du stage et la rédaction d’un mémoire.

Des débouchés multiples

Pour Ghislaine Azémard, « l’individualisation du projet de formation » est essentielle : « ce n’est pas une formation instrumentalisante », mais une formation qui « permet de révéler les professionnels latents » que sont les étudiants. En effet, les débouchés possibles dépendent du parcours en amont des étudiants : un graphiste pourra, par exemple, grâce à sa meilleure connaissance des autres métiers, évoluer vers la direction artistique. Certains deviennent chefs de projets, réalisateurs multimédia, designers sonores.

Un autre débouché du master reste la recherche. Bien qu’il soit catalogué comme professionnel, de nombreux étudiants ont pu effectuer leur stage dans des laboratoires de recherche de l’université, des PME innovantes ou les services de Recherche et Développement de grands groupes.

Enfin, les réflexions sur les médiations, scientifique, culturelle et territoriale, qui sont au cœur des travaux de recherche du LEDEN, apportent une expertise qui a permis à d’anciens étudiants de travailler dans de grandes institutions scientifiques et culturelles comme le Science Museum de Londres ou le Louvre.

Notes

  1. Voici les présentations des travaux d’étudiants reprenant ces projets : Territoire(s) pour iPhone et Marie Curie pour iPad
  2. Nous avons publié un article issu de ces rencontres : « La valorisation numérique du patrimoine dans les musées »

1 commentaire

  1. Audrey Bardon le 22 mars 2011 à 13:55

    De quoi donner envie de se reconvertir !

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