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Museomix #2 : Stéphanie de Vanssay nous raconte le « museomixage en ligne »

Le 25 octobre 2012 par Gayané Adourian

Stéphanie de Vanssay était participante sur la 1ère édition de Museomix. Cette année, elle a retenté l’expérience du côté des organisateurs, en s’occupant de la participation des museomixeurs en ligne. Retour sur cet aspect de Museomix, qui s’est déroulé du 19 au 21 octobre aux Musées gallo-romains de Lyon.

Quelles différences as-tu observé entre les deux éditions de museomix ?

Globalement, j’ai eu l’impression que cette édition était plus carrée que la première année, avec moins de changements de dernière minute. Par contre, j’ai aussi changé de rôle et n’étant pas participante cette année, j’ai moins eu l’impression d’être dans l’adaptation permanente. Un détail aussi,  nous avons eu de vrais moments de repas, assis avec des plateaux. Ça paraît bête, mais c’est très important.

Cette année, les équipes étaient différentes, avec des reporters complètement intégrés au sein de chacune. De mon côté, l’année dernière j’avais spontanément pris ce rôle mais je me rappelle que c’était très contraignant, on était beaucoup dérangé même dans les moments de rush. A Lyon, cette contrainte de documentation n’a pas forcément été très bien vécue par les équipes. D’ailleurs c’est pour ça que j’ai assez peu dérangé les équipes pour ma part : je savais ce que ça faisait.

Le fait d’avoir également une personne du musée impliquée dans chaque équipe changeait aussi la donne. L’inconvénient c’est que cela a peut-être un peu bridé l’imagination des participants mais les équipes avaient par contre une meilleure connaissance du contenu offert par les musées gallo-romains, ce qui est un réel avantage. C’est aussi parce qu’il y avait ce type d’acteurs, très impliqués, que les prototypes ont pu survivre un peu plus dans le musée.

Peux-tu rappeler ton rôle sur cette édition ?

Cette année, je suis passée du côté des organisateurs, sur la partie web (« web-team »). Avec mes co-équipiers, nous avons dû gérer le museomixage en ligne. Ce dernier avait un double but : il fallait à la fois gérer la frustration des gens qui n’avaient pas été retenus ou n’avaient pas pu venir mais aussi les amener à se passionner pour une équipe, qu’il puissent s’exprimer, donner un avis, aider… Pour moi, cela a été un rôle très intéressant à vivre, même si au début, on se demandait si ça serait vraiment utile…

Comment ça s’est passé ?

Le museomixage en ligne a démarré assez tard le premier soir. En même temps, IRL (in real life) on était dans la phase de construction d’équipe, de partage d’idées… Par contre, on a vu une explosion de cette présence online le 2ème jour. Par exemple, on s’est aperçu que beaucoup d’équipes avaient délocalisé une tache – une affiche ou des bouts de code [informatique]. Globalement, le retour des participants en ligne a été très positif. Du coup je me demande pourquoi cela a bien fonctionné et si cela aurait aussi été le cas sans nous. En tous cas, c’est satisfaisant pour moi : j’étais venue avec l’idée d’articuler le mieux possible offline et online.

En amont, nous avions commencé par faire un appel pour les personnes qui seraient intéressées par le museomixage en ligne. Vingt huit personnes se sont manifestées en remplissant leur profils jusqu’au premier jour, parfois simplement avec une intention mais pas de contact (!).

Au début, il a fallu surtout faire patienter les museomixeurs en ligne qui étaient impatients d’en savoir plus. Nous en avons profité pour installer la logique de hashtags que nous avions définie, par exemple « #help » lorsqu’une équipe avait besoin d’aide, « #coup2main » lorsque quelqu’un pouvait aider. Ces derniers étaient à associer aux noms des équipes et à « #museomix ». Finalement, je pense que cette logique a bien fonctionné parce qu’il y avait un reporter par équipe, qui se devait aussi de surveiller la timeline. Mais on a raté des choses aussi. Par exemple, une proposition extérieure a été reçue par une équipe le dimanche matin … qui ne n’a vue que le dimanche soir, faisant ainsi travailler la personne pour rien sans le vouloir.

Quelles ont été les difficultés ?

Le plus dur c’était d’avoir tout le temps l’oeil sur le flux Twitter, pour essayer de voir tout ce qui se passait. Notre rôle c’était aussi de passer le relais des informations, s’assurer que les équipes concernées les avaient bien reçues, etc. Heureusement il y avait une grande proximité avec toute la web-team.

Finalement une trentaine de personnes a participé en ligne mais on n’a pas beaucoup d’informations précises. La prochaine fois, il faudrait probablement faire un tableau et noter les données au fur et à mesure pour avoir un bilan plus intéressant et précis. On a surement oublié des échanges, des interactions… Pour autant, beaucoup de choses ont eu l’air de (bien) se passer toutes seules.

En pratique, comment les équipes se sont-elles appropriées cette dimension online  ?

Le museomixage en ligne s’est passé d’une façon très différente d’une équipe à l’autre, mais je trouve que cela s’est bien intégré dans l’esprit de collaboration et d’ouverture impulsé par ce Museomix. Les équipes se sont débrouillées avec les outils qu’elles connaissaient en plus de ceux imposés par l’organisation (mural.ly par exemple.) A cela, ils ont ajouté les mails, Twitter, Skype, le téléphone… Chaque équipe a trouvé ses propres méthodologies.

Bien sur, l’idée c’était aussi de donner envie aux gens de s’impliquer voire aussi de venir l’année prochaine. De mon côté, mon objectif c’est aussi de montrer aux enseignement que le « en ligne » ne veut pas dire « virtuel ». On avait des gens qui étaient vraiment là, qui pouvaient apporter des choses. Cela suppose d’être connectés mais c’est une expérience.

Une présence en ligne c’est aussi trouver de l’aide adaptée ou des gens intéressés par un projet en particulier, qui ont envie de s’investir. Le dernier jour, le museomixage en ligne est retombé, les équipes étant dans la préparation et l’installation in situ. Nous avons essayé d’avoir des chiffres, de réaliser un storify dédié pour garder des traces et documenter nous même ce que nous avions réalisé.

Venant de l’éducation, comment tu articules Museomix et l’école ?

J’ai participé à Museomix avec la problématique de rendre le musée attractif pour les élèves. Mais ensuite, l’aspect collaboration, travail en commun même si on connait pas l’autre – cette année, j’étais en binôme avec Antoine Fauchié -, ce sont aussi des compétences indispensables pour les élèves. Avec un tel événement, on peut voir ce qu’il est possible de faire, on imagine, on s’inspire…. même si on sait que pendant ce type de travail, on a des conditions extrêmes. Je l’avais résumé dans un tweet l’année dernière :

« L’expérience #Museomix c’est un truc de malade, tu bosses gratis pendant un week-end avec que des gens hors normes et en plus, t’es content O_o »

Par ailleurs, je vois aussi le fait de travailler dans une situation complexe en affrontant l’incertitude… Si cela motive autant des adultes, cela serait aussi le cas avec des enfants. Je pense qu’il faut leur proposer des projets et des défis à l’école.

>> IllustrationsJulie Pouliquen (Twitpic, ©), Christelle Fritz (Twitpic, ©), Museomix (Flickr, CC)

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