Quand on évoque la jeune histoire de Knowtex, Nicolas est un des membres incontournables. Et pour cause, c’est son « papa spirituel ». « L’idée de développer une plate-forme dédiée aux ressources et aux activités scientifiques est née au milieu de l’été 2008, au Canon de la Nation. Je dispose encore du draft original ». Pas étonnant pour ceux qui connaissent son organisation et son réflexe de TOUT noter.
S’il est aujourd’hui très à l’aise avec les réseaux sociaux, au point d’être connu et reconnu sur Twitter (@NicolasLoubet) son « terrain de jeu favori », ça n’a pas toujours été le cas : « comme j’ai l’habitude de le raconter en conférence/séminaire, il y a deux ans, je ne connaissais absolument rien au web (à des années lumières d’aujourd’hui) ».
Il retrousse alors ses manches, se forme tout seul au web 2.0 à coup de nuits blanches et s’inspire du site de streaming musical Deezer pour jeter les bases de ce qui deviendra KTX. « En effet, je pense très intuitivement que le web ressemble au Far West. Il y a encore beaucoup à faire pour le cartographier, l’organiser ».
Penchons nous sur son profil et son nuage de tags. On y trouve pêle-mêle des mots comme débat, réseaux sociaux, climat, santé, environnement, espace (son tout premier tag étant « ville »)… Un vrai touche-à-tout, d’une érudition bluffante pour son âge : « Je n’ai jamais su choisir. J’aime littéralement TOUT : biologie, géologie, physique, chimie… J’aime les bouquins, les expositions, les films, les séminaires, les bars des sciences… Tant qu’il y a de la vie, du punch, de la découverte. Et c’est encore mieux quand je peux en discuter avec des ami(e)s ».
Si toutefois il fallait donner un sujet en particulier, ses premières amours sont pour les géosciences, comme en témoigne sa weblist fournie : « Depuis mes 8 ans, je suis un mordu de sciences de la terre, avec les minéraux, les sorties en montagne puis la tectonique des plaques au collège et au lycée. A l’université, j’ai rencontré des savants incroyables : Vincent Courtillot, Claude Jaupart, Frédéric Perrier, Manuel Moreira, Neil Ribe…Mais en master il a fallu faire des choix. C’est à ce moment que j’ai compris que j’étais davantage intéressé par la science que par la recherche, qui exige une ultra spécialisation ».
Aujourd’hui, Nicolas est responsable de la R&D de l’agence Umaps . Il s’occupe de l’animation (« comme au Club Med mais pour le monde de la Culture scientifique et technique digitale ») et du développement (stratégie, partenariats, ergonomie, technique). Pour lui, c’est « un poste en or. Je n’aurais jamais pu rêver mieux. D’autant plus que je bosse avec des potes qui partagent mon énergie avec le même souci d’aller le plus loin possible !!! ». L’archétype même de l’entrepreneur !
Knowtex est pour lui « le prolongement naturel de l’offre de culture scientifique « off line » (expositions, médiation, information…). Il joue le rôle de centre de CST ouvert jour et nuit. L’extase culturelle » plaisante-t-il (à moitié). Timide de nature, il profite de cette plate-forme pour « rencontrer de nouvelles personnes créatives, talentueuses comme par exemple Sabine Blanc du site d’actualité Owni ou Isabelle Gruet, que je n’ai jamais rencontrée mais qui a un état d’esprit exemplaire à tout point de vue ».
Boulimique de connaissance, amateur de rencontres, Nicolas est aussi un hyperactif – bien contraint pour boucler le millier de projets qu’il lance en même temps. « De part mon rôle, je passe entre 1h et 4 h par jour sur Knowtex (oui, oui). Je fais la totale : référencement, évaluation, circulation, discussion, etc. ». C’est dire s’il y tient à son bébé, au point de l’avoir défendu bec et ongle il y a un an devant Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et des universités.
Laissons-lui la parole : « Pendant une heure et demie, nous avons débattu sur l’utilité ou non de ce projet, la plate-forme étant à l’époque bien moins élaborée et encore fermée au « public ». Ce fut un « match » de toute beauté. M. Missika nous demandait si Knowtex était un simple agrégateur, s’il avait un modèle économique… A toutes les questions, légitimes, nous répondions non. Nous nous sommes engagés dans un projet sans vraiment juger les obstacles, les contraintes. Pourquoi l’avoir fait alors ? Par intuition… Knowtex n’a aucun modèle économique et semble rentrer en concurrence directe avec plusieurs réseaux sociaux… mais il nous a permis de rentrer dans le monde digital, de comprendre beaucoup de choses sur la « société de l’information » et la révolution qui est train de s’installer ». Pour preuve, une de ses weblists favorites est « Data Journalism » de Enro « un recentrage sur les données qui n’est pas pour me déplaire, car j’ai toujours eu un faible pour les cartographies et les graphes ».
Fort de son expérience, Nicolas donne actuellement la première impulsion à plusieurs projets médias. Dernier en date : « Pris(m)e de tête », un média dédié aux controverses science-industrie-société qui associe jeunes journalistes et jeunes chercheurs dans le processus de rédaction.

Hery le 28 septembre 2010 à 11:35
Non, le Nicolas Loubet ne dort pas! :-) Très bel article sur un homme passionné et efficace!
timsit le 28 septembre 2010 à 14:40
C’est un bien joli portrait, très juste et documenté. Bien vu! Bravo!
newtoon le 28 septembre 2010 à 15:27
Ce genre de profil donne envie de le rencontrer et même plus d’une fois…
Marion le 29 septembre 2010 à 00:11
Merci @Hery, @timsit (venant de vous, c’est un honneur ^^) et @newtoon.
Nicolas m’a bien aidé en répondant à mes questions mais je commence à le connaître à force de le côtoyer lors de nos projets / voyages. Un garçon incontournable à n’en pas douter :-)
Soirée Spéciale Sciences Humour et BD à l’ESPGG: le Compte Rendu | Strip Science le 27 juin 2012 à 12:20
[...] Celle de Nicolas Loubet: [...]