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Paris-Montagne 2012 : un festival d’expérimentations

Le 23 juillet 2012 par Pauline Dorkel

Du 18 au 21 juillet 2012 se déroulait la 7e édition - la dernière dans ce format – du festival Paris-Montagne, organisée par l’association du même nom. Dans les locaux de l’École Normale Supérieure de Paris se sont retrouvés passionnés de sciences, associations, compagnies théâtrales et un public avide d’expérimentations scientifiques. Retour sur 10  temps forts de cet évènement.

1. Rencontre avec Livio Riboli-Sasco

Dans le cadre idyllique du jardin intérieur de l’ENS Paris, Livio revient sur l’histoire de l’association Paris-Montagne. Il a monté cette association en 2005 suites aux « émeutes » dans les banlieues. La philosophie : développer la culture scientifique non pas comme une fin en soi ou « juste » pour faire aimer les sciences mais pour faire de la formation à la citoyenneté.

Selon Livio : « En situation de conflit(s) et de ségrégation sociale, il est difficile d’aller dans les lycées et de dire on va vous éduquer à la citoyenneté ! Ça ne passe pas. En faisant des sciences, on peut leur montrer d’autres milieux et la dimension du travail communautaire. L’immersion des jeunes qu’on pratique depuis des années dans cette communauté, ça marche ! ». L’association a notamment développé le programme Science-académie qui propose des stages en labo à des lycéens.

2. Venez déguster la cuisine à l’azote liquide

Au menu, sucette de schtroumpfs, glace au chocolat, curly « effet-dragon », sorbet pêche et meringues givrées, le tout  accompagné de la sauce azote liquide. « Mangez tant que c’est froid » conseille au public les jeunes de l’association Paris-Montagne qui sont derrières les fourneaux, ou plutôt derrière le congélateur express d’azote liquide. Mention spécial pour les curly qui, une fois en bouche, nous font ressembler à un dragon en soufflant l’azote liquide par le nez.

3. Les molécules désaccordées

La compagnie Petite Nature, crée en 2007, est venue au festival cette année pour présenter sa pièce de théâtre « Les molécules désaccordées ». On peut y voir un voyageur musicien (Simon Drouin) rencontrer au bout du monde une mystérieuse collectionneuse de molécules (Elise Truchard) qui ne s’exprime qu’en langage chimique… Cette compagnie est née de la rencontre entre les mathématiques – Alessandro Vuilermin a une licence de mathématique – et le théâtre – Elise Truchard possède une maitrise de théâtre.

Pour Simon Drouin « dans cette pièce, on essaye de poétiser et de mettre en scène le langage scientifique ». En effet,  « le langage chimique évoque quelque chose de secret pour les enfants », ajoute Allessandro Vuillermin.

4. Le pingouin, gardien émérite de l’azote liquide

Le charmant doctorant en physique Jonathan explique ici à un public émerveillé les propriétés des supraconducteurs. Au programme : une bille qui lévite en l’air, le petit train sur un rail aimanté qui ne déraille jamais et garde toujours la même position ! Tout ça grâce au refroidissement extrême dans l’azote liquide, au champs magnétique et à Mr Pingouin bien sûr.

5. Un clown plutôt atypique !

La très rigolote clown Anissa, de l’association des Atomes crochus faisait découvrir au jeune public le surprenant effet de Bernouilli. « Quel est le moyen le plus efficace de gonfler le sac en plastique léger accroché à mon bras ? » leur demandait-elle. Chacun à leur tour, les enfants essayaient différentes méthodes : souffler le plus fort possible jusqu’à s’époumoner, souffler par intermittence, changer l’orientation du sac…. Petit à petit, Anissa les amène à se poser des questions, et les oriente vers la réponse.

En fait, il ne faut pas souffler fort en fermant l’ouverture du sac autour de la bouche. Au contraire, si on souffle doucement mais longtemps, en gardant l’ouverture non bouchée, le sac va progressivement se gonfler entièrement ! C’est simple mais pas intuitif : de l’air ambiant est en réalité entraîné par votre souffle et s’engouffre dans le sac, le reste est affaire de Bernouilli !

6. Mr et Mme tout le monde ont un zizi

Comment on fait des bébés ? C’est quoi l’amour ? Pourquoi mon corps se transforme ? Pourquoi les deux femmes se font des bisous là ? Toutes ces questions un peu embarrassantes pour les parents sont abordées de manière drôle et sans tabou par les deux comédiens de la compagnie l’Arbre potager.

Dans leur spectacle « Je t’aime plus grand que l’Univers. Et moi jte kiff à mort  ! »,  les deux acteurs se moquent des stéréotypes du genre : les garçons aime le foot, les voitures, les jeux vidéos et le bleu tandis que les filles préfèrent la danse, les poupées, papoter et le rose ! Chapeau pour les chansons rythmées par des percussions, du beatbox , la voix des comédiens et parfois aussi quelques instruments de musique…

7. Les patates et la pile biologique

Ces petites patates, reliées entre elles à l’aide de fils de cuivre, pièces de monnaies en cuivre et trombones, peuvent produire un courant électrique ! Les jeunes du programme Science Académie ont fabriqué une pile biologique avec de la terre, des bactéries, de l’eau et deux électrodes. Les bactéries, privées de dioxygène entame une fermentation, ce qui libère un électron, ce dernier circule grâce à une électrode jusqu’à l’eau. Puis, le dioxygène contenu dans l’eau va s’associer à électron et cela crée un courant électrique dont le seul rejet est l’eau.

8. Le feu au corps des savants en herbe

Toute simple, cette expérience réalisée par les savants en herbe n’en est pas moins impressionnante. Le « savant » fabrique des bulles dans une bassine d’eau savonneuse à l’aide d’un produit inflammable en spray – dont il ne me divulguera pas la nature afin que personne n’essaye de reproduire l’expérience chez lui. Après avoir plongé la main dans l’eau et pris des bulles de savon, il allume le tout… qui s’enflamme instantanément ! Ça ne brûle pas la main car le savon et l’eau sur la main atténuent la chaleur. Pour éteindre le brasier ?  Il suffit de serrer la main.

9. Les écosystèmes

Tout savoir sur un écosystème, c’est ce que proposait Benjamin, de l’association Science Ouverte. Dans cette association de Seine Saint-Denis, le but est d’ouvrir la science et la recherche  aux jeunes, particulièrement à ceux qui viennent de milieux défavorisés, et inversement d’ouvrir les banlieues aux chercheurs. C’est un échange mutuel entre deux mondes.

Pendant le festival, Benjamin organise des petits jeux pour faire comprendre et ressentir la notion d’écosystème. « Il n’y a pas que le chat qui mange la souris, il y a aussi d’autres interactions comme la communication verbale ou non, la symbiose… ». Il essaye aussi de les sensibiliser à la protection de l’environnement et à l’importance de préserver nos ressources naturelles.

10. Le planétarium version « savants en herbe »

L’association des Savants en Herbes existe depuis 5 ans et propose des ateliers de sensibilisation scientifique pour susciter la curiosité des enfants. Une fois qu’ils y ont pris goût, ils apprennent à chercher les réponses par eux-même. Dans ce planétarium mobile, on pourra découvrir grâce à Jean-Roland, le ciel étoilé qui devrait briller au-dessus de Paris s’il n’y avait pas toutes ces pollutions lumineuses. L’animateur nous emmène avec humour aux confins de la Grèce antique, à la découverte de l’Univers. À travers la mythologie grecque, notamment les nombreuses « conquêtes spatiales » de Zeus, le public découvre l’origine des noms de certaines étoiles et constellations.

>> Illustrations : Pauline Dorkel pour Knowtex (Flickr, CC)

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