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Rencontre poétique entre art et science

Le 5 octobre 2010 par Gayané Adourian

Atmosphère sombre, lumière tamisée soulignée par quelques spots plus lumineux. L’impression de se laisser happer dans un univers particulier, comme si on passait la porte d’un cabinet de curiosités d’autrefois. C’est un peu ce qui nous arrive à l’entrée de l’exposition « Les mécaniques poétiques d’EZ3kiel », installée jusqu’au 7 novembre au Palais de la Découverte à Paris.

Le visiteur vient découvrir ici le fruit d’une rencontre improbable entre un groupe de musique contemporaine EZ3kiel, des chercheurs du laboratoire LETI du CEA et d’ERASME (@Cmonnet sur twitter), le centre multimédia du Rhône. Recherche technologique et création musicale, le cocktail est pour le moins intriguant !

L’idée de départ est simple: détourner des objets anciens et /ou une technologie pour en faire un autre usage, au profit de la création. Par exemple, des puces RFID qui, en temps normal, étiquettent des biens de consommation sont ici mises à profit pour faire chanter des flacons de parfum.

Rêverie poétique

Un petit parcours composé de 10 installations sonores et lumineuses nous emmène dans une rêverie musicale. Yann Nguema, membre du groupe, le dit bien « Les mécaniques ne sont pas pensées comme une médiation. Si le visiteur ne comprend pas ce n’est pas grave, il n’y a rien à comprendre, juste à voyager. » Un parti pris qui en laisse plus d’un sceptique au démarrage, moi y compris. Et pourtant en entrant, ce piano réduit à la largeur de deux octaves ou cette vierge posée sur un instrument mystérieux le theremin, intriguent… puis fascinent. De jolies trouvailles jalonnent cette exposition.

A la sortie, on a envie d’y retourner et d’y rester rêver. Les mécanismes électroniques utilisés sont très simplement expliqués par un petit panneau aux côtés de chaque installation. Un court texte qui cache la réelle sophistication des mécanismes. En témoigne la cage de « fa ré do » (clin d’œil à celle de Faraday ) une cage à oiseau sans oiseau mais dont les barreaux chantent à la manière d’une harpe au moindre effleurement ou le cycloharpe, une machine à coudre qui crée musique et image. Le côté obscur de la force, c’est l’écran plat LCD, les contacteurs, l’interface électronique etc… qui permettent au visiteurs de jouer.

Piano quart de corps, stéléoscope, orgue à flacons… je vous laisse découvrir les autres installations! En attendant, de nombreuses photos sont visibles sur leur compte Flickr.

>> Illustrations EZ3kiel band (Flickr, ©)

6 commentaires

  1. Mikaly le 05 octobre 2010 à 14:12

    Merci pour l’article ! ça me donne (encore plus) envie d’y faire un tour… :)

  2. Marion le 05 octobre 2010 à 14:22

    Poésie, technique, grain de folie… tout ce que j’aime. Merci Gayané pour cette petite visite par procuration avant peut-être la vraie.

  3. Tuline le 05 octobre 2010 à 14:23

    Très belle exposition… un mariage réussi entre art et science. Très féérique !

  4. Deckard le 05 octobre 2010 à 14:40

    J’aimerai bien y aller, c’est le genre d’initiative que j’aime, j’adore le style rétro-futuriste de ces créations.

  5. Nicolas le 06 octobre 2010 à 00:30

    En effet, une exposition sympathique. Pour ma part, j’aurais bien apprécié un peu de médiation orale autour des installations…

  6. LnArnal le 06 octobre 2010 à 09:47

    J’ai visité cette exposition lors de son inauguration à Grenoble. Autant dire dans des conditions un peu particulière. Je l’ai également assisté à une conférence de Yann Nguema. Ce dernier expliquait qu’il voulait que les visiteurs découvrent, touchent, cherchent à comprendre le fonctionnement de ces mécaniques « instruments de musique » d’où une médiation limitée tant écrite qu’orale. Et je dois avouer que dans ma promo de master de communication scientifique et technique, les explications nous a manqué. Je pense que ça démontre le problème de l’art-science où les artistes ne sont pas forcement pour une médiation tandis que les habitués de la Culture Scientifique et Technique l’attendent.
    En tout cas, j’attends avec impatience l’arrivé de cette expo à Montpellier en février prochain (pour les autres dates en France http://www.atelier-arts-sciences.eu/images/stories/ATELIER/PDF/tournee.pdf).

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