Knowtex Blog

Repenser l’expérience de la thèse avec « Hack your PhD »

Le 2 janvier 2013 par Gayané Adourian

Le 20 décembre 2012, nous avons co-organisé un apéro Science(s) et Web avec Célya venue présenter « Hack Your PhD« . Dans cette interview, elle nous en dit en plus sur la genèse et les objectifs de ce groupe.

Peux tu rappeler ton parcours ?

J’ai d’abord fait des études de neurosciences à l’ENS puis de communication & médiation scientifique au CNAM. Ensuite, ce sont mes expériences chez Knowtex et Deuxième Labo qui m’ont ouvert conjointement de nouveaux horizons. J’ai enchaîné chez My Science Work pour développer le blog et la communauté.

En parallèle, je me suis intéressée à Ouishare, une communauté réunie autour de l’économie collaborative où j’ai pu observer de nombreuses initiatives émerger et se développer, de quoi me donner envie d’approfondir le sujet. Hélas, j’ai la frustration de ne pas pouvoir consulter en détail les documents que je collecte, mon travail étant de connecter les acteurs entre eux. Mais je sens qu’agréger ne me suffit pas,  il me manque un espace de réflexivité dans tout ce foisonnement.

Pourquoi ne pas faire une thèse ?

Parce je ne peux plus faire une thèse classique avec tout ce que j’ai découvert et pratiqué ces dernières années ! En juillet dernier, j’ai d’ailleurs posté sur Facebook « mes » conditions (crowdfunding, publication en open acess, écriture collaborative, etc.). En un jour, j’ai eu 35 « likes » et un nombre conséquent de commentaires. Pour moi, ça a été le déclic. J’ai compris que d’autres personnes s’intéressaient aux mêmes enjeux : comment faire une thèse à l’ère du numérique en s’intégrant aux dispositifs de recherche préexistants. Il me semble crucial de réouvrir le schéma de la thèse en partant des frustrations des doctorants. D’où la création de « Hack your PhD »…

Quel est l’objectif de Hack your PhD ?

Hack your PhD, c’est pour l’instant un groupe sur Facebook et Google +. Cela préfigure un écosystème d’acteurs qui réfléchissent et travaillent ensemble sur de nouvelles expériences de recherche. À terme, il y a aussi l’idée de s’emparer d’un lieu pour organiser différents types d’événements, de quoi connecter les univers, favoriser l’ouverture. En effet, selon moi, la thèse ne doit pas uniquement être considérée dans une perspective académique, elle doit aussi satisfaire une envie d’aller plus loin en développant des projets personnels.

De cette manière, j’espère favoriser la co-production des savoirs entre chercheurs et citoyens, expérimenter de nouvelles formes d’intelligence collective. À ce titre, le financement collaboratif (« crowdfunding« ) scientifique me semble être une excellente piste ; dans ce type de configuration, la création de valeur se fait dans les deux sens, cela occasionne des échanges réguliers entre chercheurs et citoyens. On pourrait aussi imaginer des événement construits sur le modèle des séances de créativité – des « Hold-Up » à la manière de Make Sense - pour brainstormer avec des amateurs bénévoles sur des thèses ou des projets de recherche. Les pistes ne manquent pas !

Quelle(s) suite(s) imagines-tu ?

Ce qui m’intéresse, c’est d’expérimenter de nouvelles manières de faire de la recherche en s’inspirant des outils du numérique et de la culture du libre. De cette manière, Hack your PhD doit permettre d’agréger au fur et à mesure de nouveaux catalyseurs d’open science mais également d’open education. L’un ne va pas sans l’autre, d’autant plus que les liens entre éducation et thèse sont relativement étroits.

>> Illustration : dessin original de Benoît Crouzet

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