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Traces : timeline d’un groupe en ébullition

Le 27 avril 2011 par Marion Sabourdy

Organisateur depuis cette année des Journées internationales de l’Éducation scientifique (JIES), le groupe Traces (Théories et réflexions sur l’apprendre, la communication et l’éducation scientifiques) est un « groupe de recherche-action sur la science, sa communication et son rapport à la société ». Autour de Richard-Emmanuel Eastes et Matteo Merzagora, il fédère depuis 2005 des acteurs de l’éducation et de la culture scientifique – chercheurs, médiateurs, consultants, formateurs, journalistes, etc. – qui partagent tous un double intérêt pour l’action et la réflexion. Retour sur les évolutions de ce groupe en pleine ébullition…

Le groupe Traces en pleine réunion en octobre 2010

2001 : Richard-Emmanuel Eastes (REE), le fondateur et actuel directeur de Traces, est enseignant-chercheur en chimie à l’École normale supérieure (ENS) de Paris. Il rencontre Daniel Raichvarg, professeur à l’Université de Dijon lors du Festival de films scientifiques de Chamonix. Féru de théâtre scientifique, Daniel est la première personne qui l’incitera à faire des manipulations de chimie en public. C’est également lui qui lui conseille d’aller voir André Giordan, directeur du Laboratoire de didactique et d’épistémologie des sciences (LDES) à l’Université de Genève ainsi que Francine Pellaud. C’est pour les rencontrer que REE participe pour la première fois aux JIES.

Richard-Emmanuel croqué par Aurélie Bordenave

2002 : La rencontre avec Francine, qui deviendra sa femme, donnera lieu à la création de l’association des Atomes crochus à l’ENS. Catherine Bied, une collègue chimiste, fera également partie de l’aventure.

2003-2004 : L’association se développe et diversifie ses activités : clowns de sciences, contes scientifiques, ateliers expérimentaux, débats, expositions photo, concours d’écriture… mais aussi formations, articles et relations avec les entreprises. D’après REE, « nous sommes restés universitaires mais en ajoutant une réflexion pratique à nos travaux avec cette association ».

2005 : Il apparait que certains projets de l’association, notamment ceux en lien avec les entreprises, « n’avaient rien à voir avec les activités classiques des Atomes Crochus ». Ce constat, l’arrivée de quelques personnes dans l’association et les conseils avisés d’André Giordan ont convaincu REE. Il fonde Traces, association loi 1901, au sein du Département d’études cognitives (DEC) de l’ENS. « Les Atomes crochus a fait une sorte d’exocytose, sourit REE, comme une cellule qui excrète quelque chose de nouveau, et ce quelque chose, c’était Traces ».

2006 : De l’aveu de ses membres, le groupe « végète encore de part son faible nombre de membres ». Ses activités commencent à se développer après l’arrivée de Matteo Merzagora, journaliste scientifique et muséologue que REE a rencontré, là encore, lors d’un festival de films scientifiques dans lequel ils faisaient tous les deux partie du jury. La structure trouvait alors un véritable intérêt et Matteo un tremplin pour développer des projets européens. De plus, au même moment, les Atomes crochus se sont constitués un nouveau directoire composé notamment de Mélodie Faury et Bastien Lelu.

Matteo Merzagora présente l’exposition Énergies de la Cité des sciences à laquelle il a contribué

2007 : Traces débute sa réelle existence autonome, après un weekend brainstorming des membres de Traces et des Atomes crochus, qui partagent de fait les mêmes locaux. Traces s’est nourri de l’activité de ses membres, de la proximité avec les Atomes et avec les laboratoires (notamment le LDES). Les cours de Richard-Emmanuel à l’ENS ne sont pas pour rien dans l’émergence de la notoriété du groupe et le recrutement des jeunes talents.

2008 : c’est la véritable année de naissance du groupe, qui se définit comme un « think and do tank » sur la science, sa communication et son rapport à la société. Ses activités : réflexion (publications, colloques, manifeste), formation et conseil / expertise vers le public (Cité des sciences) et le privé.

2009 – 2010 : le groupe diversifie son activité : colloques, formations professionnelles, serious game pour une grande entreprise, livres, manifeste Révoluscience … « Nous sommes des acteurs de l’économie de la connaissance, indique Matteo, des êtres hybrides entre réflexion et pratique, commercial et académique ». REE renchérit : « nous avons des points communs avec Vivagora, la Fondation Sciences citoyennes et même les Petits Débrouillards ».

Une partie de l’exposition à l’ESPGG

Le groupe prend également en main la gestion de l’Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes (Paris), avec la volonté d’obtenir la labellisation CCSTI à moyen terme. Cet espace se destine aux professionnels concernés par la communication de la science (médiateurs, chercheurs, journalistes scientifiques…). Traces souhaite qu’il soit « reconnu au sein des réseaux de la culture scientifique et technique, visité par les enseignants et leurs élèves et fréquenté par les étudiants et les personnels de l’ESPCI ParisTech« . Nous-même avons eu l’occasion d’y faire un tour pour un atelier sur les jeux de discussion et plus récemment pour un apéro « Sciences et Web ».

2011 : cette année s’annonce féconde pour le groupe avec la publication du livre Les scientifiques jouent-ils aux dés ? aux éditions du Cavalier Bleu. « C’est l’aboutissement du premier vrai projet collectif du groupe. Il va de paire avec sa structuration administrative, entamée en 2009 avec l’arrivée de notre secrétaire-rédactrice Meriem Fresson ». Le groupe comprend aujourd’hui une vingtaine de personnes, une salariée, des stagiaires, bientôt un emploi associatif et une future salariée. « La situation s’est renversée, note REE, les Atomes crochus ont aujourd’hui du mal à travailler sans le groupe Traces ».

>> Illustrations : Knowtex (Flickr, licence CC), Aurélie Bordenave pour Knowtex

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