Un (autre) journalisme scientifique est-il possible ?

Le 12 décembre 2011 par Marion Sabourdy

8 commentaires

  1. Pascal Lapointe le 12 décembre 2011 à 14:21

    Très instructif, ce résumé. Vous avez raison de regretter qu’ils n’aient pas abordé l’intitulé du panel, « le nouveau journalisme », mais à leur défense, il faut dire que personne ne sait de quoi sera fait ce « nouveau journalisme ». Pour l’instant, plein de gens, comme vous, expérimentent, mais de quoi sera fait demain? Qui peut dire ce qu’il sortira de la montée des blogueurs? Un hybride journaliste-blogueur? Ou une domination des blogueurs/chroniqueurs/donneurs d’opinion avec une marginalisation des journalistes-purs-et-durs? Un type d’article hybride comme celui ci-haut, ou une poursuite de la dominance de l’article linéaire classique? Et qu’en est-il de l’angle que je trouve personnellement laissé de côté dans toutes nos réflexions: les sous? Qui va payer pour un « nouveau journalisme » de qualité, quelle que soit sa forme?

  2. Laurent Brasier le 12 décembre 2011 à 15:24

    Merci Marion pour ce riche résumé. Ca permet de ne pas trop regretter de ne pas avoir pu assister à l’événement.
    Effectivement, le thème du débat a été complètement zappé – ce qui laisse à penser que la réponse induite à la question est malheureusement « Non ».
    Et si le problème de fond était dans la conception de Huet : s’intéresser aux sciences pour mourir moins bête. Ce n’est pas avec cette vision qu’on va progresser.

  3. Marion Sabourdy le 12 décembre 2011 à 16:10

    Merci à vous deux pour vos commentaires et mises en perspective.

    @Pascal : effectivement l’aspect financier n’a pas été abordé, et l’est assez peu dans ce genre de conférences malheureusement (c’est peut-être différent en Amérique du Nord…). Il y a pourtant des choses à tenter, et internet me semble être un terreau intéressant pour comprendre quels sont les modèles économiques les plus viables.

    @Laurent : Sylvestre Huet n’a pas seulement dit ça ;) Il a abordé notamment les controverses science-société, et le rôle qu’y tiennent les journalistes. Mais selon lui, si le lecteur n’est pas un minimum intéressé et ne fait pas la démarche de diversifier ses lectures, la partie est presque perdue d’avance…

  4. Gayané ADOURIAN le 12 décembre 2011 à 22:39

    C’est peut-être sur le « panel » d’invités qu’il faudrait réfléchir… On avait là deux journalistes du même bord : presse écrite, en rédaction (donc la question des sous se pose moins), en quotidien même si David Larousserie est passé par le mensuel etc… Du coup, pour moi la discussion était biaisée dès le début. Mais… c’est aussi un peu de notre faute si le web n’a pas été abordé, aucun d’entre nous n’a pris la parole… C’est là que l’affichage du mur de tweets pourrait être intéressant :)

  5. alasource le 13 décembre 2011 à 20:30

    Sous ce pseudo se cache l’un des invités (qui a nu compte Twitter @gayané, mais sous un autre pseudo…).
    Bravo pour ce compte-rendu mais qui a oublié un truc que je trouvais important, snif, snif : les changements du monde de la recherche (compétition, pression financière, communication, dualité des découvertes…) vont rendre encore plus dur le travail des journalistes scientifiques du web ou d’ailleurs…
    Quand j’aurais le temps, il faudra que je réponde aux reproches sur « et le web journalisme ?  » et « vous n’avez pas répondu à la question posée ». Sur ce dernier point, je dirais tout de même que ne pouvant présupposer que tout le monde sait de quoi on parle par « journalisme scientifique », j’ai préféré tenter de remettre à niveau. Evidemment pour une partie du public c’était enfoncer des portes ouvertes.

  6. Alexandre Moatti le 22 décembre 2011 à 21:28

    Merci de ce très bon compte-rendu, aussi bien sur la forme (l’entrelardage avec les tweets est très plaisant) que sur le fond. Il est vrai que le Cahier du Monde du vendredi soir fait exception dans la presse écrite.

  7. ludovic fery le 23 décembre 2011 à 10:39

    @ marion : bravo pour le résumé, c presque comme si on y était !

    @ alasource : on sait auquel des 2 invités on a à faire au vu de ce que vous dites ^^. Je partage votre avis sur le fait que les mutations que vivent la recherche actuellement vont changer le travail des journalistes scientifiques. Aujourd’hui on voit que la com institutionnelle est de plus en plus forte pour identifier les travaux de ses chercheurs, et les diffuser (vous rappeliez justement l’exemple de la Nasa, qui parfois, n’hésite pas à survendre l’info pour créer le buzz : http://www.lepost.fr/article/2010/12/03/2327221_l-annonce-d-une-vie-extraterrestre-fait-pssssccchhttt.html).
    Le boulot du journaliste scientifique serait alors de trouver les quelques chercheurs (mais y’en aura-t-il ?) qui décident de rester en marge de cette nouvelle organisation (instituts Carnot, priorité aux brevets…), ou alors tout simplement d’apporter un regard critique par rapport aux éventuels effets d’annonce.
    Ce qui demandera de ne pas céder aux sirènes de l’urgence : Sylvestre Huet prenait l’exemple d’un article du Monde alertant d’un lait contaminé en provenance du Japon. Le journaliste n’avait pas pris le temps de vérifier ce que le niveau de radioactivité signifiait en termes d’impact pour la santé. S’il l’avait fait, il se serait rendu compte que le lait des vaches normandes ou mayennaises était plus contaminé, mais pas plus dangereux pour l’homme.

  8. Marion Sabourdy le 23 décembre 2011 à 11:37

    @Gayané : effectivement, un pigiste, un journaliste radio/TV et un autre web n’auraient pas été de trop ;) Effectivement, nous aurions pu intervenir pour aborder le problème du web #meaculpa mais les commentaires de cet article sont pas mal aussi :)

    @alasource : je n’ai toujours pas trouvé ton compte Twitter !! Tu fais comme un certain F. Fillon ? ;) Merci pour ton commentaire et tes (précieux) compléments – concernant le web, on ne t’en veut pas (on est un peu « déformés » il faut dire du coup on voit le web partout). On espère en discuter avec toi très bientôt !

    @Alexandre : merci pour ce commentaire :) #entrelardage #hihi

    @Ludovic : Le rôle du journaliste me semble encore plus varié : il prend en compte les communiqués de presse, certes, mais y applique sa propre vision critique & les fait commenter par des chercheurs, déniche des personnalités intéressantes / en marge, travaille avec les photographes et icono pour traiter l’info différemment, se forme pour pouvoir utiliser divers supports… Je regrette également que le boulot de base du journaliste (le terrain, les enquêtes longues, la recherche de sujets vraiment originaux…) passe un peu en second plan par rapport au flux d’actu « à traiter obligatoirement » (mais c’est ma vision romantique du métier ^^).

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