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Un Soir, un Musée, un Verre

Le 29 octobre 2012 par Guillaume Ansanay-Alex

Pour les Rencontres Cultures Numériques (30 et 31 octobre), nous avons demandé à Guillaume de présenter les rendez-vous « Un soir, un musée, un verre » et d’expliquer ce qu’ils peuvent apporter aux amateurs de musée. Suivez le guide autour d’une initiative lancée par Kristel Fauconnet et Laurent Albaret !

Le SMV, qu’est-ce-que c’est ?

Le concept « un Soir, un Musée, un Verre » est simple. C’est chaque semaine, un rendez-vous pour une nocturne de musée, après laquelle nous discutons autour d’un verre – ceux qui veulent rester plus longtemps enchaînent sur un dîner. Chaque semaine, c’est donc (au moins) un événement Facebook auquel chacun est libre de s’inscrire : « museogeek », historien d’art, amateur, curieux… ou blogueur. Certains commentent leur visite sur Twitter, certains en font un article de blog et tout le monde en parlera, de vive voix, autour de lui.

Depuis le premier organisé au mois d’août 2011, c’est à ce jour plus de 60 #SMV (le petit nom pour Un Soir, un Musée, un Verre) qui se sont organisés pour plus de 60 semaines, et… quelques #SMVwe, pour le week-end, en début d’après-midi, pour les musées qui n’ouvrent pas en nocturne. Appelez-les si vous voulez « Un Samedi, un Musée, un Goûter ».

La fréquence des SMV surprenait au départ, semblait invraisemblable. Non, ce n’est pas le premier jeudi, le troisième mercredi ou le dernier vendredi du mois, et oui, il est pratiquement impossible d’y aller à chaque fois. Pourtant, tout ce qui fait le succès (ne boudons pas notre plaisir) du SMV, c’est justement ce rythme. Vous ne pouvez pas venir cette semaine, ou l’expo ne vous tente pas ? Ce n’est pas grave, le rendez-vous est pris pour la semaine suivante ou celle d’après ! Pas de contrainte, pas de culpabilité, le SMV marche à la liberté. C’est ainsi que chaque semaine depuis plus d’un an, de cinq à quarante personnes se sont retrouvées, et c’est une communauté bien plus large encore qui s’est formée, d’amateurs de visites augmentées à la passion et à l’amitié.

Tout ça n’a pas échappé aux musées, et le groupe est maintenant suffisamment légitime pour avoir été contacté par plusieurs musées qui nous invitent à leur rendre visite, pour avoir pu profiter de visites commentées pour l’occasion, et même, récemment, le musée de la Marine a ouvert spécialement pour proposer au groupe SMV une visite de l’exposition Phares guidée par son commissaire !

Dans les coulisses du SMV…

Derrière les événements hebdomadaires, un groupe Facebook est dédié aux rouages de l’organisation et permet de discuter, de planifier. Les participants les plus acharnés au cours de cette première année sont naturellement devenus des co-organisateurs, comme votre serviteur. Aujourd’hui nous sommes sept (@krismkrolls@laurentalbaret,@mcdfrago@meribs@comcomclaire@jandcross et moi), de profils différents, avec des rôles qui se dessinent, le SMV prenant de plus en plus d’ampleur, le bouche à oreille ayant fait son effet, nous devons combler les attentes de nos invités et même les dépasser ! Pour ma part, aimant à rencontrer et faire rencontrer tous et chacun pour parler et faire émerger des idées, et voulant faire de mon « réseau » un bon usage, je m’occupe des relations publiques :-)

Un nouveau rapport au musée

Essayons de prendre un peu de recul. Le SMV naît dans un contexte de réticence des visiteurs face au musée qui, si l’on passe sous silence les problématiques de coût prohibitif des entrées dans certains lieux, relève d’une différence de dynamiques. Devant ce constat, certains s’attaquent aux institutions. Ils leur demandent de changer, de changer vite, de se mettre au diapason d’un monde qui a adopté les codes de l’information dispensée à tout instant et sans effort, du spectateur qui zappe de plus en plus vite.

Enormément d’informations sont disponibles certes, mais j’ai toujours envie de questionner leur stabilité dans l’esprit de ceux qui surfent sur elles sans passer suffisamment de temps à les fréquenter, à remonter à leurs sources, à construire des ponts. C’est pourtant là que les musées, les conservateurs, les commissaires d’exposition excellent, et il faut savoir en profiter, même s’il existe très certainement des champs d’amélioration et/ou de renouvellement de la médiation que beaucoup de professionnels, mais aussi que certaines équipes de projets comme Museomix adressent.

Le SMV ne vient pas révolutionner le musée, il vient offrir aux visiteurs un rapport au musée transformé, facilité, lui montrer qu’il est libre de sa démarche, qu’il est à l’initiative de ce qu’il peut apprendre, qu’il peut être surpris, qu’il peut découvrir un sujet de passion. Il n’est plus question de s’astreindre à une mission d’érudition, à un devoir culturel si difficile qu’on s’enorgueillira de l’avoir accompli. Non, il s’agit de remettre l’expérience muséale dans le contexte où elle s’est trouvée et dans lequel elle devrait toujours être, celle d’un moment de convivialité, de confrontation d’idées et d’interprétations, de rencontre d’autres individualités qui nous enrichissent.

Toutes les visites sont différentes. D’un SMV à l’autre il y a des musées et des expositions pour tous les goûts : du classique et du décalé, de l’historique et du contemporain, de l’accessible et de l’élitiste. Allons au musée comme nous allons au théâtre, et allons boire un verre ensuite avec ceux qui nous accompagnent. Le SMV, c’est un art de vivre l’art !

Prochain SMV : ce lundi au musée Jacquemart-André pour l’expo Canaletto-GuardiOn vous attend !

>> Source : billet initialement publié sur Carpewebem sous le titre «Un Soir, un Musée, un Verre, le SMV, qu’est-ce que c’est ? »

>> Illustrations : Lorena Biret (Flickr, CC), Un soir un musée un verre (Facebook, ©)

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