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Une université des sciences dans les nuages

Le 3 janvier 2011 par Marion Sabourdy

Unisciel signifie « Université des Sciences en Ligne ». Mais pour parler de cette université « dans les nuages », il nous faut rester sur terre et rencontrer ses responsables. Maxime Beaugeois, le chargé de projet et responsable de la communication d’Unisciel nous a donc accueillis le 24 novembre dernier dans le Service enseignement et multimédia (SEMM) de l’Université Lille-1.

C’est là qu’est basé Unisciel, réseau social fonctionnant sous Elgg lancé en juin 2010 sous l’impulsion du Ministère de la recherche et de l’Enseignement Supérieur. Il fait partie des sept Universités numériques thématiques françaises (UNT). Son objectif est de permettre un accès à plus de 3500 ressources pédagogiques scientifiques provenant de 31 universités et écoles d’ingénieurs françaises, gratuitement, pour tout un chacun.

« Nous avons insisté pour être totalement ouverts à quiconque : étudiants, enseignants, monde socioprofessionnel ou simples curieux, faisant partie du réseau des partenaires ou non. Rien de pire que de brider un étudiant dans sa recherche documentaire par une inscription obligatoire ou un paiement » précise Maxime.

Au lancement du projet, les responsables souhaitaient « rassembler le patrimoine numérique des universités scientifiques françaises sur un seul site, explique Monique Vindevoghel, la secrétaire d’Unisciel, depuis les cours proposés dans les Espaces numériques de travail (ENT) de chaque université partenaire jusqu’aux ressources mises à dispositions sur les blogs des professeurs ». Selon elle, cela a nécessité un gros travail de recensement et d’indexation (1) effectué par une documentaliste de l’ENS Lyon pendant trois ans à temps plein.

Chaque ressource – cours, exercices, TP – est triée en fonction de la matière, de mots clés, du public visé. Les diaporamas, en qualité de résumé non utilisable en autonomie, ne sont pas acceptés. Chaque université peut indexer ses propres ressources. Unisciel ne les modère pas a priori, faisant confiance aux structures. Du côté de l’utilisateur, la recherche d’une ressource grâce au moteur de recherche permet d’accéder à une description (thème, auteurs, éditeurs…) et fait un lien avec un contenu social : des groupes de discussion, un forum, des scenarii pédagogiques, des liens vers le web….

En plus de ces ressources, la page d’accueil du site propose deux autres entrées : une exploration des métiers (selon la classification ROME) et l’actualité scientifique, « une partie pour l’instant moins développée » qui collecte des informations grâce aux flux RSS des différentes universités et écoles.

Si les responsables se sont d’abord concentrés sur les ressources, le Ministère a rapidement souhaité orienter leur action vers les usages, c’est-à-dire l’organisation de contenus et la fonction de réseau social plutôt qu’un ENT. En plus de la valorisation de l’existant, Unisciel soutient donc la production, à condition qu’elle soit mutualisable et incite ses membres, et notamment les enseignants, à créer des parcours scénarisés pour les étudiants, avec les modules d’apprentissage (micro-ressources d’exercices). On parle alors de trajectoire d’apprentissage, plébiscitée par les étudiants selon Monique Vindevoghel.

Depuis le début du projet, l’équipe est réduite à deux salariés disposant de l’appui technique de la cellule TICE de l’université de Lille-1. Les universités et écoles partenaires n’étant pas moteurs dans la communication autour d’Unisciel, la progression du réseau n’est pas encore à la hauteur des espérances de ses responsables. Pourtant, les besoins sont là et Unisciel affirme avoir les moyens de toucher près de 300 000 étudiants rien qu’avec ses universités et écoles partenaires.

Ainsi, selon Maxime Beaugeois, une enquête nationale menée entre février et juin 2010 sur les usages des étudiants scientifiques en terme de numérique et de ressources documentaires a montré un élément important. « Les étudiants sont à la recherche de ressources documentaires mais faute de recommandations de leurs professeurs – 45% d’entre eux ne donnent jamais de webographie – ils utilisent Google ou des forums ». Ces résultats seront présentés les 18 et 19 janvier 2011 à l’université Paris-6 lors des journées Unisciel.

Outre la volonté de fédérer plus de personnes dans le réseau et de créer plus d’interaction sociale, le projet principal de l’année 2011, dévoilé par Monique, est de « créer un site privé partenaire qui comporte les fichiers sources de produit où les enseignants pourront récupérer des morceaux de textes, vidéos, exercices interactifs pour faire leurs cours, le tout sous licence libre Creative Commons ».

L’enseignement en ligne à Lille

« Le phénomène des universités en ligne date de 1995 avec 13 établissements, qui sont aussi nos partenaires historiques explique jean-Marie Blondeau, enseignant-chercheur en physique à Lille-1, du côté de Lille, nous avons lancé avec Monique Vindevoghel un laboratoire d’enseignement multimédia à cette période, dans une salle de 20 m² qui est aujourd’hui le SEMM, un bâtiment moderne de 800 m² ».

Dans le cadre de ce premier projet, 1200 heures de formation (cours, animations, TD…) seront mises à dispositions, en mathématiques, physique et biologie. Lors du lancement des Universités en ligne thématique (ULT) puis des Universités numériques thématiques (UNT), Lille-1 a décidé de s’impliquer dans les sciences, jusqu’au lancement d’Unisciel. L’université possède par ailleurs un ENT couplé à un blog lancé il y a six mois.

Note

  1. Chaque ressource est indexée sous la norme SupLOMFR dont l’intérêt est décrit sur cette page.

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