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Venez hacker votre nounours au Fab Lab de la Casemate !

Le 11 mai 2012 par Gayané Adourian

Direction Grenoble pour ce dernier post autour de la Nuit des Musées avec une interview de Laurent Chicoineau, directeur du centre de sciences grenoblois La Casemate. Leur exposition sur les Fab Labs vient d’ouvrir et pour l’occasion, ils en profitent pour réaliser une nuit des musées sonore… Explications.

Est-ce que tu peux rappeler ce qu’est un Fab Lab ?

C’est un mot américain qui veut dire laboratoire de fabrication (« fabrication laboratory »). Ce terme est issu d’un cours donné par Neil Gershenfeld à ses étudiants en électronique (au MIT) pour faire à peu près tout ce qu’ils avaient envie. Mais ce cours a eu tellement de succès qu’il s’est répandu à l’extérieur du MIT… Son principe est assez simple : comment à partir d’un stock limité de machines à commandes numériques il est possible de fabriquer à peu près n’importe quoi.

L’idée, c’est d’associer ces machines à une diffusion collaborative des plans de montage sur différents sites internet. Aujourd’hui, même si on n’y connaît rien à la Conception Assistée par Ordinateur (CAO), on peut télécharger un plan de CAO en 3D puis le mettre dans une imprimante 3D pour faire un objet qui a été construit à San Fransisco, au Mali ou encore en Allemagne.

Qu’est-ce qui est présenté à La Casemate ?

À la Casemate, les machines sont présentes et fonctionnelles. C’est intéressant parce que c’est plus qu’une exposition ; c’est plutôt un atelier finalement. La partie expo est la pour présenter les réalisations qui sont faites dans les Fab Labs. Actuellement, on présente différents types de projets qui sont soit des projets artistiques, soit d’autre nature. Par exemple, on a un projet artistique qui a été fait par le Fab Lab de Toulouse (Artilect) qui nous a prêté une table interactive assez étonnante.

L’autre partie, c’est le lab où on a plusieurs machines dont une imprimante 3D, une découpeuse laser, une découpeuse vinyle, une mini fraiseuse et une grande fraiseuse sur laquelle on peut fabriquer des meubles ou même des maisons ! Par exemple, le Fab Lab de Barcelone a carrément fabriqué une maison avec cette fraiseuse numérique !

Enfin, on a atelier d’électronique où on peut bidouiller de l’arduino [carte électronique] et différentes choses. On a surtout une équipe et une communauté qui rendent ce lab vivant, qui fait en sorte que les connaissances et les savoir-faire se diffusent et soient partagés.  L’idée c’est que si on arrive avec l’envie de faire quelque chose, c’est l’utilisateur qui va le faire et pas l’animateur. Lui te dira comment te servir des machines mais ensuite, tu te débrouilles pour imprimer ton projet. C’est autre chose qu’une approche de consommation culturelle. On est vraiment dans l’action.

Qu’avez-vous prévu pour la Nuit des Musées ?

Pour la nuit des musées, on s’est dit que ce serait pas mal d’avoir une approche un peu originale qui fasse écho à la création. On propose donc un grand huit sonore, une soirée de circuit bending qui consiste à détourner tous les petits appareils basse tension, les appareils électroniques qui font un peu de musique ou un peu de bruit comme les peluches parlantes, réveils, ou montres… En gros, tous les petits appareils qui fonctionnent à piles. On n’est pas sur le secteur pour des question de sécurité, c’est très important dans les Fab Labs. On va pouvoir détourner ces objets, les ouvrir, les connecter entre eux, les faire jouer ensemble… et les utiliser comme une sorte de synthétiseur géant ou pas . Mais comme on ne maîtrise pas tout, on ne sait pas ce que va produire. Ca peut être bruitiste, impressionniste…

L’idée c’est de montrer qu’on peut s’emparer de la technologie, qu’on peut la hacker, la pirater, la détourner. Bien sûr, pas forcément pour des fins très spécifiques, il ne s’agit pas forcément  d’avoir un plan pour renverser le système ou pour faire l’innovation qui sera le blokbuster de demain. Ce n’est pas ça l’objectif. C’est de s’approprier la technologie, de jouer avec, d’en parler, de créer des conversations autour de ça et de disséminer cette culture technique.

Concrètement, comment cela va se passer ?

Le soir de la Nuit des Musées, il faut apporter ses propres objets (peluches qui parlent par exemple) et chacun va pouvoir participer  à ce grand huit en faisant des essais, en branchant des objets. Après, on écoute, on rebranche on débranche… On peut même reprogrammer son nounours si on a envie on peut s’amuser à lui faire dire autre chose.

C’est vraiment l’idée de détournement des objets électroniques du quotidien. Ce processus, on va le documenter, le filmer et le mettre sur le site du Fab Lab. On va essayer de documenter tout ce qu’on fait pour que ça puisse être refait ailleurs, être mieux fait, qu’on on puisse échanger. L’idée c’est à la fois de garder des traces mais aussi d’inspirer d’autres et essayer de disséminer ces pratiques dans le réseau mondial (déjà francophone pour le moins).

Pour aller plus loin

- l’interview en vidéo réalisée par Diane Drubay

l’album sonore complet de notre visite à La Casemate

- les photos de l’exposition Fab lab sur Flickr (Knowtex)

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