Vers la Cité des Sciences… et au-delà !

Le 6 novembre 2010 par Bruno Dermoum

Depuis le 21 octobre et jusqu’au 3 juillet 2011, l’exposition « Science et Fiction, aventures croisées » a pris place à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Dans une atmosphère digne des plus grands space-opera, elle nous permet d’explorer les liens ténus qui existent depuis toujours entre science et science-fiction.

L’espace et le temps

En guise d’introduction à la thématique « Espace et Temps », nous sommes invités à voyager jusqu’à la lune. Jules Verne ou Tintin, nos premiers accompagnateurs, nous permettent d’appréhender la vision de nos aînés sur une destination à l’époque invraisemblable. Vision qui nous conduira jusqu’aux grandes épopées spatiales imaginées pour le cinéma et la télévision d’aujourd’hui.

Tout ceci est ponctué de vidéos expliquant le contexte scientifique associé à ces créations. Le voyage s’effectue également dans nos souvenirs lorsque nous redécouvrons des films comme 2001 L’Odyssée de l’espace, Alien, Star Wars, Starship Troopers ou des séries populaires comme Star Trek et Battlestar Gallactica. La BD est évidemment présente avec par exemple Valerian.

Au fur et à mesure de la progression dans les différents tableaux, on constate l’évolution créative des auteurs de SF. D’abord descriptive, transposant des technologies et des pensées contemporaines dans un futur plus ou moins proche pour ensuite défier les limites du connu, transformant les lois les plus élémentaires de la physique en techniques exploitables par l’Homme. La conquête du temps n’est pas en reste avec des références à Georges Wells, Retour vers le Futur, le tout mis en perspective par un film projeté sur pas moins de quatre écrans géants.

Des modèles de sociétés futures

Le voyage ne s’arrête pas là en continuant dans ce que la Science Fiction a fait de mieux concernant les modèles de sociétés futures. Les robots sont-ils nos amis ou des ennemis intimes ? À travers l’œuvre d’Isaac Asimov et ses lois de la robotique,  I, Robot ou le populaire Terminator, l’exposition nous invite à réfléchir aux conséquences de la création de la vie par l’Homme.

Dans la partie « L’enfer de la ville » et « Cauchemar ou utopies ? », la SF met en exergue nos peurs, nos interrogations et les transpose dans un futur pas si lointain. Traités sous forme d’utopie, de dystopie ou d’uchronie, elle nous propose une vision pas toujours rose de ce qui nous attend, avec entre autres Bienvenue à Gattaca, Metropolis, le Meilleur des Mondes d’Huxley et l’inoubliable 1984.  Mais qui dit société dit aussi extraterrestres, clones et mutants, et sur ce point, l’exposition nous offre un panel représentatif de ce que l’Homme pense pouvoir trouver dans la galaxie.

Si le pari était de faire retomber en enfance des adultes ayant perdu leur capacité à voir au-delà du réel, il est réussi. Se retrouver devant le Viper de Hotdog (Battlestar Gallactica), en face d’un œuf d’Alien (Alien le huitième passager) ou devant un masque original du Cinquième Élément nous plonge dans ces univers riches et nous fait parfois oublier qu’il ne s’agit que de fiction.

Une rencontre inachevée

Cette exposition, par son titre « aventures croisées », promettait un parcours entre science et fiction en montrant les liens ténus qui les unissent… mais nous avons ressenti une certaine frustration ! D’un côté, il s’agit d’une première approche ludique et originale qui permet d’amener les néophytes vers la culture scientifique et technique. De l’autre, nous pensons que le comité  scientifique n’a pas été au bout de son idée. Nous aurions préféré, par exemple, que les liens entre les œuvres proposées et les sciences desquelles elles se sont inspirées soient plus évidents et mieux explicités.

Cette exposition encourage à creuser le sujet et à porter un regard neuf sur les productions passées ou à venir. Elle est représentative de ce qui se fait aujourd’hui dans les expositions : peu de texte ou des cartels de 300 mots au  maximum, des images et des décors attractifs…  Le but : attirer un large public et attiser leur curiosité. Pour les plus motivés, un approfondissement est possible par de nombreux éléments en lien avec la Cité des Sciences (conférences, carrefour numérique) et une exposition numérique très riche.

Au terme de ce voyage un jeu pour tester nos connaissances nous est proposé : est-ce de la science ou bien de la fiction ? Il est intéressant et étonnant de voir que parfois, le doute subsiste… Après tout, c’est là tout l’intérêt de la science-fiction puisqu’elle nous pose une question essentielle : « Et si ? »

>> Article co-écrit avec Célya Gruson-Daniel

>> Images Flickr CC : Feuillu et HariboCash

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