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    • ArianeBeldi 1/05/2012
      Un excellent article qui résume les implications scientifiques, philosophiques (théologiques même) et politiques des recherches actuelles en neuro-psychologie et linguistique cognitive concernant la capacité de l'homme à raisonner et le rôle du raisonnement dans son évolution. La question spécifique abordée ici porte sur la ré-évaluation de la relation entre émotions et raison. Les études semblent montrer que notre cerveau lui-même peut nous empêcher de raisonner correctement, dans la mesure où il enregistre physiquement et profondément des opinions ou des convictions qui ne font que se renforcer avec le temps et leur réactivation régulière dans diverses circonstances. Le résultat est que nous sommes souvent prêts à défendre bec et ongles des idées fausses, parce que les laisser tomber c'est un peu comme de perdre un morceau de soi, de son propre corps. Il en découle que contrairement à ce que l'on croit de manière courante, le monde des idées et le corps ne sont pas dissociés. Au contraire, ils se mélangent, ce qui explique aussi pourquoi les mots peuvent faire aussi mal que des coups de poings. Attaquer une opinion, même (ou surtout) à coups d'arguments parfaitement factuels et logiques, loin de convaincre son interlocuteur, risque au contraire de le pousser à déclencher un tir de barrage particulièrement nourri, d'autant plus si l'opinion visée est fortement implantée dans son cerveau. Parce que, ce n'est pas tant une opinion qu'il tente de protéger, mais lui-même. En cela, on peut alors comprendre pourquoi ce sont souvent les meilleurs rhétoriciens, mais pas forcément les meilleurs idéologues, qui obtiennent les meilleurs résultats d'adhésion à leurs idées, même si celles-ci sont fausses. En effet, ils savent le mieux prendre en compte la psychologie de leurs audiences…
      Afficher la suite Un excellent article qui résume les implications scientifiques, philosophiques (théologiques même) et politiques des recherches actuelles en neuro-psychologie et linguistique cognitive concernant la capacité de l'homme à raisonner et le rôle du raisonnement dans son évolution. La question spécifique abordée ici porte sur la ré-évaluation de la relation entre émotions et raison. Les études semblent montrer que notre cerveau lui-même peut nous empêcher de raisonner correctement, dans la mesure où il enregistre physiquement et profondément des opinions ou des convictions qui ne font que se renforcer avec le temps et leur réactivation régulière dans diverses circonstances. Le résultat est que nous sommes souvent prêts à défendre bec et ongles des idées fausses, parce que les laisser tomber c'est un peu comme de perdre un morceau de soi, de son propre corps. Il en découle que contrairement à ce que l'on croit de manière courante, le monde des idées et le corps ne sont pas dissociés. Au contraire, ils se mélangent, ce qui explique aussi pourquoi les mots peuvent faire aussi mal que des coups de poings. Attaquer une opinion, même (ou surtout) à coups d'arguments parfaitement factuels et logiques, loin de convaincre son interlocuteur, risque au contraire de le pousser à déclencher un tir de barrage particulièrement nourri, d'autant plus si l'opinion visée est fortement implantée dans son cerveau. Parce que, ce n'est pas tant une opinion qu'il tente de protéger, mais lui-même. En cela, on peut alors comprendre pourquoi ce sont souvent les meilleurs rhétoriciens, mais pas forcément les meilleurs idéologues, qui obtiennent les meilleurs résultats d'adhésion à leurs idées, même si celles-ci sont fausses. En effet, ils savent le mieux prendre en compte la psychologie de leurs audiences et les amener doucement à se défaire de leurs idées pour les convaincre.

      Ce que ces chercheurs appellent alors le "raisonnement motivé" apparaît comme un mécanisme d'auto-protection, qui doit être contre-balancé par la confrontation à d'autres opinions, toute aussi chèrement défendues. Ils semblent ainsi estimer que des procédures collectives d'évaluations mutuelles, comme elles existent dans les milieux universitaires, peuvent constituer des modalités de débat plus saines que ce que l'on voit souvent dans l'espace publique, de plus en plus transformé en arènes de pugilats verbaux, dont les coups peuvent souvent faire aussi mal que s'ils étaient donnés physiquement. Mais, peut-être est-ce parce qu'il s'agit des modalités de délibération avec lesquelles ils sont les plus familiers et à l'aise....
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