L’affaire du Mediator, dit-on, est un scandale typiquement français, mettant en cause un patron de laboratoire, des réseaux d’influence et un système de pharmacovigilance bien de chez nous. Est-ce bien le cas?
Alors qu'il minimise les effets mortels du Mediator et qu'un rapport établit un lien dès 2009 entre le benfulorex et des maladies cardiaques, Jacques Servier cultive le secret à l'excès et alimente les fantasmes. Portrait.
Près de la moitié des médicaments vendus en pharmacie seraient inutiles, inefficaces et, pour certains, dangereux. Labos, autorités de santé, médecins, c’est toute une chaîne de responsabilité.
Deux semaines après avoir reconnu l'implication du Mediator dans au moins 500 décès, que proposent les autorités sanitaires aux patients qui en ont consommé et angoissent ? Rien qui soit à la hauteur du scandale.
Dans un hôpital, cible du visiteur médical, l'interne, en tant que futur prescripteur, s'avère un client de choix pour une firme pharmaceutique. Comme l'atteste une étude française sur des étudiants en cardiologie, les contacts se nouent dès les bancs de la faculté mêlant information et incitation.
Au lendemain de la fermeture de son laboratoire basé près de Montréal, la direction de Merck jure ne pas avoir fait de croix sur la recherche pharmaceutique au Canada. Mais c'est désormais sans laboratoire, en finançant la science des autres et en signant des partenariats qu'elle compte le faire.
A l’image de Doctissimo, des centaines de sites Internet distillent informations et conseils en matière de santé. De nombreux sites sont en réalité des faux-nez des grands labos.