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Jellyweek : la fête mondiale du coworking

Le 21 janvier 2013 par Clio Meyer

La 3e édition de la semaine mondiale du coworking (du 14 au 20 Janvier) – ou “JellyWeek” pour les intimes – vient de se terminer. Nous avons eu l’occasion d’interroger Anni Roolf, la fondatrice de l’événement.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la “JellyWeek” ?

La JellyWeek – ou semaine du coworking – est un événement collaboratif qui mobilise les espaces de coworking et les personnes qui les fréquentent et/ou organisent le plus de “Jelly” possible. Les Jelly sont des coworking ponctuels, sous forme de rencontres libres entre indépendants, entrepreneurs et autres innovateurs pour échanger sur des expériences en dehors de leur cadre de travail. La JellyWeek est donc une façon de communiquer l’esprit du coworking à des personnes qui n’iraient pas forcément travailler dans ces espaces.

L’idée est de ne pas se limiter aux seuls espaces de coworking, mais d’organiser des rencontres dans les bars, les cafés et autres endroits insolites. En le rendant non tributaire d’un lieu, on a donné au coworking un sens plus “décontracté”. La Jellyweek est un événement à la fois “global” et “local ». Il y a beaucoup de micro événements qui connectent les acteurs locaux entre eux, mais aussi de nombreuses autres manières de participer : on peut voyager, se connecter par le biais de Hangouts (le système de chat vidéo proposé par Google)… Les initiatives sont accessibles à partir du groupe et de la page Facebook ainsi que du Tumblr.

Comment est née cette idée d’événement global ?

J’ai entendu parler du concept de Jelly lors de la première Conférence du Coworking à Bruxelles. Pendant cet événement, il s’est passé pleins de choses, on a tous été exaltés. Mais attendre un an pour la prochaine édition nous a semblé beaucoup trop loin… C’est comme ça que l’idée m’est venue de provoquer des Jelly simultanément à travers le monde et de les connecter entre eux. Les premiers Jelly à New York en 2006 étaient des rencontres très locales. La JellyWeek a permis de créer des ponts entre ces rencontres locales simultanées, et ainsi d’en faire un événement global.

Au delà, il y a l’idée d’en faire un media social, au premier sens du terme, c’est-à-dire que le coworking connecte des personnes entre elles, bien plus loin que les limites physiques. En 2011, on a organisé la première Semaine de Coworking, à travers 48 lieux en Europe (je me souviens qu’un japonais, Kyo Satani, a fait tout le trajet depuis le Japon pour assister à cet événement !).

Par la suite, il y a eu de plus en plus d’interactions avec le monde entier. La première édition a été un catalyseur d’idées, un incubateur même, car des communautés en sont nées. C’est pour ça qu’on a décidé de donner une dimension mondiale à la deuxième édition. C’était l’année dernière, avec 220 accueillants. Cette année il y en a 250 provenant de 44 pays différents.

Qui sont les grands connecteurs du réseau ?

Jean-Yves Huwart est une personne qui fait beaucoup le lien entre les acteurs internationaux, en particulier lors de la Conférence Européenne du Coworking. Moi, j’essaie d’avoir une compréhension globale, de m’intéresser aux gens qui ne sont pas dans la communauté du coworking. Mais je pense que chacun peut faire ça, jouer un role, s’il accepte de donner de son temps et de ses efforts.

Lors de la dernière JellyWeek, j’étais seule à organiser l’événement avec un collègue à Berlin. On a décidé de faire un Summer Camp cet été dans le sud de la France, mais ce n’est pas facile de construire une communauté pérenne. La Semaine du Coworking est un projet à but non lucratif. Je pense qu’il serait nécessaire de s’appuyer sur des petites équipes locales à l’avenir.

Peux-tu nous en dire plus sur les Hangouts ?

Lors de la dernière JellyWeek, nous avons créé un JellyWeek Lab. Dans ce cadre, nous avons ouvert un Hangout à tous, autour du thème “comment organiser la prochaine JellyWeek” (accroche, outils de cartographie, collaboration internationale, livestream…). Au cours de ce Hangout, les gens ont travaillé sur la connexion des personnes entre elles pendant la Semaine du Coworking, de manière à ce que le lien subsiste même après. Le format du Hangout a tellement bien marché qu’il en a inspiré d’autres.

Leila, une brésilienne ayant participé à ce premier Hangout, a eu l’idée de connecter deux espaces, l’un au Brésil, l’autre en Italie, grâce au Hangout et au transfert de vidéo pré-enregistrées. Le concept s’est répandu, et aujourd’hui, de nombreux Hangouts ont lieu entre divers espaces de la JellyWeek pour connecter les acteurs entre eux, cuisiner ensembles, jouer aux échecs, etc.

Trois Hangouts ont été organisés par le Jellyweek Lab pour questionner la collaboration mondiale. Quel est ton point de vue ?

Pour moi, il n’y a qu’une limite à la collaboration : celle de notre esprit. Lorsqu’on ne fait que des choses que l’on peut concevoir, on ne peut pas révolutionner le monde. Je pense que rencontrer les gens physiquement est une expérience très riche d’un point du vue local mais les outils numériques offrent d’incroyables possibilités pour changer d’échelle. Le tout est de trouver la bonne combinaison.

Quelles sont  les prochaines étapes maintenant ?

Il y a tellement de choses qui se passent pendant cette semaine que des idées sont souvent reprises et développées au-dela de la JellyWeek, faisant naitre et grandir des communautés. Le prochain challenge sera d’organiser des événements plus pérennes, à partir de la base de données constituée, en impliquant toujours plus de personnes du monde entier.

Quand on regarde la carte des événements de la JellyWeek, l’Afrique est le continent le moins représenté. L’année prochaine, ma priorité sera d’en apprendre plus sur les pays qui le composent, d’explorer en se déplaçant. Mais on a besoin de monde pour faire ça. Tout le challenge est de savoir le prix qu’on est prêt à payer, en terme de temps et d’argent. Après la collaboration peut commencer.

>> IllustrationsNadaStranska (Flickr, ©) Anni Roolf (Facebook, Jellyweek)

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