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Retour sur Science Online 2012 avec Pascal Lapointe

Le 27 janvier 2012 par Gilles Grenot

Du 19 au 21 janvier,  Knowtex a suivi la conférence Science Online 2012 sur Twitter. Sous le hashtag #scio12, ce n’est pas moins de 17 000 tweets qui ont été envoyés. Intéressant mais assez indigeste… Pascal Lapointe (journaliste de l’Agence Science Presse), seul francophone présent à Science Online, a accepté de nous faire part des ses impressions. Une occasion de parler de cet événement peu connu en Europe.

Science Online regroupe scientifiques, blogueurs de sciences et journalistes pour discuter et échanger autour de la thématique « Science et Internet », essentiellement sous forme de keynotes et d’ateliers. Lancé en 2007 par Bora Zikovic, aujourd’hui rédacteur en chef et community manager du réseau des blogs du Scientific American, Science Online se tient chaque année à Raleigh, une ville de Caroline du Nord implantée au cœur  du « triangle », région qui regroupe une forte densité d’entreprises et de laboratoires dans les biotechnologies.

Une communauté soudée, élargie, plus mature

Lors de notre entretien, Pascal Lapointe nous explique que ce qui était au départ « un regroupement de blogueurs scientifiques de Caroline du Nord » a aujourd’hui changé de dimension. Le nombre d’ateliers, de conférences, d’intervenants et de personnes qui se rendent à Science Online se sont accru « en 2008, nous étions entre 250 et 300, cette année, autour de 450 ».

Selon lui, la puissance démographique des pays anglo-saxons permet d’agréger une masse critique suffisante de personnes qui ont un intérêt commun pour la communication de la science sur Internet. Ils sont journalistes scientifiques, blogueurs de science, scientifiques, libraires et communicants scientifiques et ils se retrouvent pour discuter des sujets qui les passionnent.

D’après Pascal, année après année, la communauté est de plus en plus soudée. Et c’est le noyau dur d’habitués qui donne cette profondeur nouvelle à l’événement, les sujets d’une année prolongent ceux de l’édition précédente, ils sont plus approfondis, certaines sessions sont plus réflexives, distanciées, et aujourd’hui, certaines des problématiques abordées relèvent clairement des sciences de l’Information et de la communication « il ne s’agit plus seulement d’apprendre à  démarrer un blog ! »

Scientifique et journaliste : à la découverte de l’autre

Notre témoin observe une autre nouveauté par rapport à l’édition 2008 à laquelle il avait participé  « le rapport entre le journaliste et le scientifique était un sujet totalement absent à l’époque, alors que cette année, il en était question quasiment de manière transversale à tout l’événement. Plusieurs interventions étaient vouées à expliquer aux scientifiques le fonctionnement de base des médias, comme si pour rompre avec l’éternel conflit qui oppose scientifiques et journalistes, l’idée était de les amener à mieux se comprendre ».  Pour les journalistes, la connaissance du travail des scientifiques est moins problématique, elle est primordiale et fait partie de leur métier, par définition, d’ailleurs les journalistes scientifiques ne sont-ils pas généralement issus de filière ou de carrière scientifiques ?

Journaliste et blogueur : frères ennemis réconciliés ?

Une autre particularité, apparue à Pascal Lapointe, lors de cette édition 2012, est la nature plus pacifiée et constructive des relations entre blogueurs et journalistes « l’idée simpliste selon laquelle les blogueurs pensaient que le journalisme allait bientôt disparaître, et qu’ils allaient le remplacer est définitivement dépassée ». Au contraire, l’heure est aujourd’hui davantage au partage mutuel d’expériences, le journalisme a beaucoup à apprendre au blogging, et vice-versa.« On commence à percevoir une fusion des deux pratiques. C’est une bonne nouvelle».

Cependant, Pascal Lapointe tient à modérer ses propos. « A Science Online, on est un peu comme dans une bulle, et la perception du journalisme scientifique que l’on se fait là-bas est nécessairement distordue ». Les journalistes présents sont déjà acquis à la cause de la communication sur Internet, à celle du micro-blogging etc. Ils ne sont donc pas représentatifs des journalistes scientifiques en général, qui pas plus tard que l’été dernier, lors du congrès international de leur profession, incluaient un atelier qui s’intitulait « les blogueurs sont-ils des journalistes ? ». Cela avait amusé beaucoup de blogueurs, qui s’étaient alors demandé comment il était possible qu’ils n’en soient arrivés qu’à ce stade-là de leur réflexion ! se souvient Pascal.

>> Illustration : _ColinS_ (Flickr, CC)

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